Le nombre d’espèces menacées de poissons cinq fois plus élevé qu’on ne l’estimait
La famille des Sebastidae (ici un sébaste charnu) serait par exemple davantage menacée. - Wikimedia Commons/CC BY-SA 3.0/Tom Murphy VII
La famille des Sebastidae (ici un sébaste charnu) serait par exemple davantage menacée. - Wikimedia Commons/CC BY-SA 3.0/Tom Murphy VII
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Le nombre de poissons marins menacés d’extinction serait cinq fois plus élevé que ce que l’on pense, selon une étude publiée le 29 août dans la revue Plos Biology. Menée par treize chercheurs, elle estime que 12,7 % des espèces sont menacées — contre 2,5 %, selon l’estimation actuelle de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN).
Via sa fameuse liste rouge, l’UICN évalue l’état de conservation de plus de 150 000 espèces à travers le monde. Malheureusement, les données scientifiques sont insuffisantes pour 38 % des poissons marins (soit 4 992 espèces), les privant d’un statut de conservation officiel et des protections qui en découlent.
L’équipe de chercheurs a tenté de remédier à ce problème en « prédisant » les risques d’extinction des espèces pour lesquelles les données sont insuffisantes, grâce à l’intelligence artificielle. Leurs modèles ont été entraînés en se basant sur des données d’occurrence, des caractéristiques biologiques, la taxonomie et les usages humains de 13 195 autres espèces.
Lesdits modèles ont classé 78,5 % des 4 992 espèces étudiées dans le cadre de cette étude. Le nombre d’espèces prédites comme menacées a été multiplié par cinq (passant de 334 à 1 671). Celles-ci présentaient généralement une aire de répartition restreinte, une grande taille et un faible taux de croissance, et vivaient dans des habitats peu profonds. Elles évoluent notamment dans la mer de Chine méridionale, la mer des Philippines, la mer des Célèbes, ainsi que les côtes occidentales de l’Australie et de l’Amérique du Nord. Parmi les familles de poissons les plus menacées : les Sebastidae, les Bythitidae, Serranidae ou encore Blenniidae. Le nombre d’espèces prédites non menacées a quant à lui augmenté d’un tiers (de 7 869 à 10 451).
Les modèles ne peuvent pas remplacer les évaluations directes des espèces par l’IUCN, précisent les chercheurs. L’intelligence artificielle offre néanmoins, selon eux, une opportunité unique d’évaluer de manière rapide, approfondie et économique le risque d’extinction des espèces qui n’ont pas encore pu être examinées par l’organisme. Ils proposent de créer un nouvel indice, le « statut UICN prédit », qui pourrait compléter l’actuel « statut UICN estimé ».