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Polluants éternels : la justice ordonne une expertise sur les rejets de Daikin et Arkema

Rassemblement contre les polluants éternels à Oullins-Pierre-Bénite (Rhône), territoire où se trouve l’usine Arkema, en mai 2024.

C’est un pas vers la vérité sur l’ampleur de la pollution causée par les polluants dits éternels (PFAS). Saisie par la Métropole de Lyon, la justice a ordonné le lancement d’une expertise indépendante pour évaluer la responsabilité des industriels Daikin et Arkema dans la pollution aux PFAS dans la « vallée de la chimie ». Le juge des référés a nommé un collège d’experts chargé de rendre un rapport d’ici au 31 décembre 2025 sur l’utilisation de ces substances chimiques par les deux industriels sur leur site de Pierre-Bénite, au sud de Lyon.

Ces experts pourront exiger des documents et se rendre sur les lieux afin de quantifier les émissions historiques des PFAS par le japonais Daikin et le français Arkema, et devront donner leur avis sur les dates à partir desquelles ces entreprises ont eu connaissance des effets potentiellement néfastes sur l’environnement, selon l’ordonnance rendue le 2 août 2024.

Une victoire « historique » dans la longue lutte contre ces polluants éternels, s’est réjoui sur X (anciennement Twitter) le président de la Métropole, Bruno Bernard. Il souligne que, sur son territoire, « le coût des investissements pour traiter la pollution de l’eau par les PFAS s’élève à 5 millions d’euros d’investissements et engendrera un surcoût annuel allant jusqu’à 600 000 euros à partir de 2026 ». « Faute de responsabilités engagées, ce sont les contribuables qui ont jusqu’ici payé l’addition » , selon l’élu écologiste, qui salue un « précédent juridique » allant dans le sens de l’application du « principe pollueur-payeur ».

Fausses promesses ?

Arkema a « pris acte » de cette décision, tout en rappelant être « en conformité par rapport à la réglementation en vigueur concernant ses rejets de PFAS », indique à Reporterre la responsable des relations presse du groupe, Anne Plaisance. Elle précise que « de nombreuses analyses sont déjà effectuées quotidiennement » dans le cadre fixé par les autorités. Le groupe annonce par ailleurs qu’il examine « l’opportunité de faire appel de cette décision ». Dans la salle d’audience, le 28 mai 2024, l’avocate du chimiste arguait que l’abandon des substances chimiques incriminées était prévu à la fin de l’année. Une fausse promesse, a démontré le site d’investigation locale Mediacités.

Quant à la proposition de loi « visant à lutter contre les risques liés aux substances per- et polyfluoroalkylées » portée par les écologistes, son vote définitif à l’Assemblée nationale est en suspens depuis la dissolution.

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