Pollution : Paris respire mieux qu’il y a 10 ans
Entre 2012 et 2022, les niveaux de dioxyde d’azote, de particules fines et les émissions de dioxyde de carbone ont fortement diminué à Paris. - © Lionel Bonaventure / AFP
Entre 2012 et 2022, les niveaux de dioxyde d’azote, de particules fines et les émissions de dioxyde de carbone ont fortement diminué à Paris. - © Lionel Bonaventure / AFP
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La pollution de l’air a considérablement baissé à Paris et en Île-de-France depuis 2012. La réglementation européenne basée sur les seuils de l’Organisation mondiale de la santé est toutefois loin d’être atteinte.
On respire mieux à Paris. AirParif, organisme indépendant de surveillance de la qualité de l’air en Île-de-France, a publié mercredi 27 août un rapport où il se réjouit de l’amélioration de la qualité de l’air dans la capitale.
Entre 2012 et 2022, les niveaux de dioxyde d’azote (NO₂) ont diminué de 40 %, les niveaux de particules fines de 28 % et les émissions de dioxyde de carbone de 35 %. Ces chiffres s’expliquent par la modernisation des véhicules circulant intramuros, par la réduction du trafic routier, par une meilleure isolation des logements ainsi que par le renouvellement des chaudières et autres équipements de chauffage.
Une amélioration dans toute l’Île-de-France
Ces résultats ont réjoui Dan Lert, adjoint en charge de la transition écologique à la mairie de Paris. « Cela ne tombe pas du ciel. C’est lié aux politiques que nous avons mises en place, comme la piétonisation des voies sur berges, la végétalisation de 300 rues aux écoles, les 1 500 km de pistes cyclables, la taxe sur le stationnement des SUV », énumère-t-il à Reporterre.
Paris n’est pas la seule ville à profiter d’un air plus sain. Toujours selon Airparif, sur les dix dernières années, le taux moyen de concentration de NO₂ aurait également diminué de 40 %, celui des particules fines de 35 % dans toute l’Île-de-France.
70 % des Parisiens toujours au-dessus des seuils
Mais même si la situation s’est nettement améliorée, l’organisme estime qu’il reste encore beaucoup de chemin à parcourir. En effet, la réglementation européenne a évolué pour prendre en compte les recommandations plus drastiques de l’OMS. « Si on prend cette nouvelle réglementation qu’il faudra respecter d’ici 2030, 70 % des Parisiens sont actuellement au-dessus des seuils », explique à Reporterre Karine Léger, directrice générale d’Airparif.
La capitale ne pourra lutter seule contre ce fléau qui tue chaque année 7 900 personnes en moyenne en Île-de-France (chiffres 2019). Elle a déposé un recours en contentieux devant le tribunal administratif de Paris contre le Plan de protection de l’atmosphère d’Île-de-France (PPA) élaboré par l’État pour la période 2025-2030.
« Ce plan n’est pas du tout à la hauteur des enjeux. Nous n’arriverons pas à respecter les recommandations de l’OMS. Nous souhaitons rappeler à l’État ses obligations à protéger la santé publique et à garantir le droit fondamental de vivre dans environnement sain prévu par charte de l’environnement », poursuit Dan Lert.
Périph’ à 50 km/h : « Les résultats sont déjà positifs »
Le PPA est un document juridiquement contraignant dont l’une des mesures phares concernait la mise en place des Zones à faibles émissions (ZFE). Or, en mai dernier, les députés ont adopté un article du projet de loi sur la simplification de la vie économique prévoyant la disparition de ces ZFE.
« Quid des mesures de ce plan si elles sont définitivement supprimées ? » s’interroge Karine Léger. Mais le parcours parlementaire de ce projet de loi n’est cependant pas encore terminé. Il doit encore passer devant une Commission mixte paritaire qui décidera — ou non — de son adoption définitive.
En attendant, Paris continue sa bataille pour l’air pur, avec la réduction de la vitesse à 50 km/h sur le périphérique en octobre 2024. « Les résultats sont déjà positifs, avec une réduction de 20 % des accidents, de 20 % des embouteillages et de 50 % du bruit. Nous avons lancé une étude pour estimer les bénéfices sanitaires de cette réduction de la vitesse », poursuit Dan Lert. Des résultats très attendus par les 500 000 riverains de cette ceinture routière, dont les enfants sont 30 % plus asthmatiques qu’ailleurs.