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En brefÉnergie

Voitures électriques, pompes à chaleur... Le grand plan d’électrification accouche d’une coquille vide

Le gouvernement compile surtout des mesures déjà annoncées, comme l'aide à l'achat d'une voiture électrique.

22 mesures pour « sortir la France de sa dépendance aux énergies fossiles », mais pas 1 euro de soutien public supplémentaire. Voilà le tour de passe-passe présenté le 23 avril par le gouvernement, qui dévoilait le détail de son très attendu plan d’électrification, dont les grandes lignes avaient été esquissées par le Premier ministre le 10 avril.

Ce programme censé doper la consommation d’électricité dans les transports, le chauffage et l’industrie, a été annoncé fin 2025 alors que la transition énergétique patine. Depuis que la guerre au Moyen-Orient et le blocage du détroit d’Ormuz ont fait grimper le prix des carburants, le gouvernement a fait de l’électricité l’axe prioritaire de sa réponse politique, en sus d’aides ciblées pour les plus lourdement impactés.

Or, dans le détail, le gouvernement compile surtout des mesures déjà annoncées. C’est notamment le cas pour le « leasing social », mesure systématiquement prise en exemple par le gouvernement comme une solution au choc pétrogazier actuel. Ce système de location longue durée de voiture électrique pour les foyers modestes a été annoncé pour 50 000 véhicules. Pas un de plus n’a été débloqué dans le plan d’électrification.

Portée limitée et sobriété oubliée

Certaines annonces à la portée limitée complètent le plan. Elles sont d’ordre réglementaire uniquement (interdiction des chaudières hybrides au gaz dans les logements neufs, fin des aides MaPrimeRénov’ pour les maisons chauffées au gaz...) ou seront financées par une « réorientation » de 3,4 milliards d’euros de certificats d’économie d’énergie. Cette enveloppe, augmentée de 6 à 8 milliards d’euros en 2026, particulièrement opaque et gérée en dehors du budget de l’État et du regard du Parlement, est déjà destinée à des mesures de sobriété ou d’électrification.

La cuvée 2026 des certificats d’économie d’énergie devra permettre l’essor d’« offres clé en main » pour les pompes à chaleur, et gonflera la prime à l’achat pour les poids lourds électriques (qui passeront de 60 000 à 100 000 euros), pour les utilitaires électriques. L’aide à l’achat de voiture électrique, largement diminuée ces dernières années par le gouvernement, fera aussi son retour pour les grands rouleurs (12 000 km/an), jusqu’à 7 700 euros, sur condition de ressources.

À cela s’ajoute un programme « 100 territoires pilotes », appuyé cette fois sur les collectivités, qui vise à sortir des quartiers entiers du gaz fossile, afin de pouvoir les débrancher du réseau et éviter ainsi les importants frais de fonctionnement.

Le gouvernement espère avec son plan « envoyer un signal », sans réinvestir les moyens qu’il a supprimés à la transition énergétique depuis deux ans. Rien, par ailleurs, n’est prévu sur le chantier crucial de la sobriété, que ce soit par exemple par le développement du transport ferroviaire ou du vélo.

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