Pour défendre ses jets, l’ex-patron de l’Olympique lyonnais poursuit des journalistes
Jean-Michel Aulas et son fils sont accusés d'avoir cofondé un terminal pour jets privés via un montage financier passant par des paradis fiscaux. - Flickr / CC BY-NC-ND 2.0 Deed / Victor
Jean-Michel Aulas et son fils sont accusés d'avoir cofondé un terminal pour jets privés via un montage financier passant par des paradis fiscaux. - Flickr / CC BY-NC-ND 2.0 Deed / Victor
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Plusieurs journalistes du media Rue89Lyon ont été convoqués par la police, début mai, en raison d’une plainte en diffamation déposée contre eux par Jean-Michel Aulas, ancien président du club de football de l’Olympique lyonnais. L’homme d’affaires réagit ainsi à une enquête de ce média qui affirme que Jean-Michel Aulas est cofondateur d’Embassair, un terminal de luxe pour jets privés à Miami et en est le propriétaire via un complexe montage financier passant par des paradis fiscaux.
Des « informations calomnieuses » selon Jean-Michel Aulas mais une « démonstration longue et étayée », réaffirme Rue89Lyon. Le média a enquêté à partir des documents extraits des Openlux, une large enquête sur le paradis fiscal luxembourgeois. Pour démontrer sa bonne foi, le journal a mis en accès libre son enquête sur le montage fiscal de ce business pour jets privés de luxe, dénonçant un « marché fructueux et climaticide ».
« Procès bâillon »
La plainte déposée vise directement trois journalistes. Pierre Lemerle, directeur de la publication de Rue89Lyon, et les journalistes indépendants Moran Kerinec (également collaborateur de Reporterre) et Raphaël da Silva.
« Tout cela semble prendre tranquillement la route d’un “procès bâillon”. Selon toute logique, nous devrions être convoqués devant un juge prochainement », écrit le journal. Pour l’équipe de Jean-Michel Aulas, millionnaire habitué de ces plaintes, il ne s’agit que d’une affaire judiciaire parmi d’autres. Pour Rue89Lyon en revanche, « c’est un combat pour notre survie qui s’engage. »