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Luttes

Pour s’être suspendus à un pont, ces opposants à une déviation routière finiront au tribunal

Les opposants à la déviation de Saint-Péray se sont suspendus le 14 mai 2026 sur le pont Mistral qui surplombe l’autoroute A7.

Certains se sont suspendus à un pont, d’autres ont bloqué une voie ferrée. Le 14 mai, jeudi de l’Ascension, des militants ont organisé une action contre la déviation de Saint-Péray en Ardèche. 16 personnes ont été interpellées.

« On fait pas l’pont ! » Le 14 mai, jeudi de l’Ascension, les opposants à la déviation de Saint-Péray se sont suspendus sur le pont Mistral qui surplombe l’autoroute A7 pour dénoncer le « passage en force » de ce projet routier en périphérie de Valence.

Au même moment, d’autres militants ont bloqué les voies ferrées pour ralentir l’arrivée des engins de chantier. L’action est hautement stratégique : la SNCF dispose de trois jours pour installer un pont-rail nécessaire aux travaux. Les ouvriers n’ont pas le droit à l’erreur ni au retard : le prochain créneau pour ces travaux ne s’ouvrira pas avant trois ans.

Les « écureuils » ont entravé pendant près de deux heures la circulation particulièrement dense de ce weekend. Ils ont été délogés par les gendarmes de la Cnamo, la cellule nationale d’appui à la mobilité, et seize personnes ont été interpellées pour « mise en danger volontaire de la vie d’autrui », « entrave à la circulation » et « refus de signalétique ». Huit d’entre elles ont été déférées le 15 mai devant le juge des libertés en vue d’une comparution immédiate le 18 mai a confirmé leur avocat Me Fourrey à Reporterre.

16 militants ont été interpellés, 7 finiront au tribunal. Alterre / Les Ami.es de la Plaine

50 ha de terres agricoles

Ce projet routier vieux de quarante ans est porté par la communauté de communes de Rhône Crussol (CCRC), présidée par Frédéric Gerland, le maire de Saint-Péray. Il prévoit d’artificialiser 50 hectares de terres agricoles à proximité du Rhône pour fluidifier le trafic à l’entrée de la commune. Le coût de ces travaux a bondi de 13,3 millions d’euros en 2012 à 23,6 millions aujourd’hui. La facture sera partagée par la CCRC avec la région Auvergne-Rhône-Alpes et le département de l’Ardèche qui soutiennent ces travaux.

« C’est la stratégie du fait accompli »

Trois recours ont été déposés contre la déviation par les associations environnementales Alterre et Frapna Drôme et Ardèche, avec l’appui de la Ligue pour la protection des oiseaux Drôme-Ardèche, et sont en attente d’une audience. Une enquête du parquet de Nîmes est toujours ouverte pour destruction d’habitat d’espèces protégées et une procédure est en attente de jugement pour l’exposition d’ouvriers à l’amiante lors de précédents travaux réalisés en octobre 2024.

En mars 2025, la préfecture avait également ordonné à la CCRC de demander une dérogation pour la destruction d’espèces protégées sur le site. Mais, selon la conseillère régionale écologiste et opposante à la déviation Maud Grard, celle-ci n’a jamais été déposée. « Ils ne cherchent même plus à se mettre dans les clous, juste à aller au plus vite, c’est la stratégie du fait accompli, soupire-t-elle. Ils vont forcer pour faire les travaux au plus vite avant que la justice ne les retoque. »

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