Procès Nestlé Waters : l’entreprise a caché des éléments à la justice
L’usine d’embouteillage de Contrex, à Contrexéville (Vosges), en 2006. - Wikimedia Commons / CC-BY-SA 1.0 / Yorick Petey
L’usine d’embouteillage de Contrex, à Contrexéville (Vosges), en 2006. - Wikimedia Commons / CC-BY-SA 1.0 / Yorick Petey
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Nouveau tournant dans le procès des décharges sauvages de Nestlé Waters dans les Vosges : la multinationale a dissimulé des éléments aux enquêteurs. L’entreprise campe sur ses positions — Christophe Michaud, l’un de ses avocats, a de nouveau assuré qu’il n’y a « aucune forme de pollution » sur son site. Mais des documents internes révèlent le contraire.
Mediapart a eu accès à des résultats d’analyses et à une note confidentielle de Nestlé Waters qui contredisent les déclarations de ses responsables auprès de la justice. Dans cette note interne, la multinationale déclare l’existence de plusieurs risques, en raison de la présence de ces tonnes de déchets sur son site.
Un risque judiciaire d’abord, car la note admet une « infraction avec la législation française », un risque sur sa réputation qui pourrait être compromise, et un risque portant « sur la qualité des eaux souterraines ». Nestlé Waters a rédigé cette note en 2022, alors que le parquet de Nancy avait ouvert six mois plus tôt une enquête préliminaire visant ces décharges illégales. La multinationale n’a jamais fait part de cette note à la justice.
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Les rapports d’analyses que Mediapart a pu se procurer datent de février et décembre 2020 et viennent également contredire les déclarations du représentant légal de Nestlé sur les concentrations de microplastiques dans les eaux vendues. Contrairement à ce qu’il assure, ces dernières ne sont pas de 10 ou 15, mais de 70, voire 106 mp/L. Soit 8 à 13 fois supérieures au seuil limite décidé en interne et fixé à 8 microplastiques par litre (mp/L).
Depuis le 23 mars, la Nestlé Waters comparaît devant le tribunal correctionnel de Nancy pour avoir abandonné plus de 473 000 m3 — l’équivalent de 126 piscines olympiques — de bouteilles en plastique et autres polluants dans quatre décharges sauvages à Contrexéville, They-sous-Montfort, Saint-Ouen-lès-Parey et Crainvilliers. Ces dépôts ont entraîné des écoulements de microplastiques dans les eaux superficielles et souterraines, à des concentrations « rendant toute vie aquatique impossible et ayant des effets nuisibles sur la santé, la flore et la faune ».