« Route à Wauquiez » : le recours contre la RN88 enfin au tribunal
Une audience du tribunal administratif de Clermont-Ferrand a enfin examiné leur recours le 3 décembre 2024. - Pxhere
Une audience du tribunal administratif de Clermont-Ferrand a enfin examiné leur recours le 3 décembre 2024. - Pxhere
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Alors que les travaux ont déjà commencé, les opposants aux travaux d’aménagement de la RN88, en Haute-Loire, veulent encore nourrir l’espoir que la voie juridique permettra de les faire annuler ou suspendre. Une audience du tribunal administratif de Clermont-Ferrand a enfin examiné leur recours mardi 3 décembre.
France Nature Environnement Auvergne-Rhône-Alpes (FNE Aura), FNE Haute-Loire, l’Association des usagers des transports d’Auvergne et SOS Loire vivante l’avaient déposé il y a près de quatre ans, en janvier 2021. Ils ont pu expliquer pourquoi ils contestent l’arrêté préfectoral autorisant cette déviation de 10,7 km au large des bourgs du Pertuis et de Saint-Hostien. La « route à Wauquiez », du nom du président de la région Auvergne-Rhône-Alpes qui a offert ce projet à son fief électoral, engloutirait 140 hectares de terres agricoles et naturelles et détruirait l’habitat de plus d’une centaine d’espèces protégées.
Le délibéré sera connu d’ici deux semaines, mais l’audience a déjà permis de connaître l’avis de la rapporteuse publique, souvent suivi par les juges. Elle n’a suivi les associations que sur un seul point. « Elle a demandé l’annulation partielle de l’arrêté préfectoral sur la question des mesures compensatoires », rapporte à Reporterre Renaud Daumas, conseiller régional écologiste. « L’arrêté prévoit que les mesures compensatoires [pour compenser les atteintes à la biodiversité du projet] doivent être mises en œuvre avant la fin du chantier, alors que la loi prévoit que ce soit avant le début du chantier. »
Un coût bien supérieur
Les opposants regrettent que d’autres arguments n’aient pas fait mouche. « Il n’y a jamais eu d’étude des alternatives à la déviation », rappelle Renaud Daumas. Quant au coût, qui va probablement passer de 226 millions d’euros à « 400 millions en raison de l’inflation, des études techniques supplémentaires et de la compensation », estime l’élu, « cela remet totalement en cause le calcul permettant de déclarer le projet d’intérêt public majeur ».
La région Auvergne-Rhône-Alpe et la préfecture ont, elles, défendu la déviation, rapporte Le Monde, estimant qu’elle permet de désenclaver le département et qu’elle améliorera la sécurité routière.