Renards, fouines, pies... Les abattre coûte huit fois plus cher que les dégâts qu’ils causent
L’abattage massif des renards, fouines, martres, pies, corbeaux et autres corneilles coûte huit fois plus cher que les dégâts qu’on leur impute. - Pxhere / Creative Commons by CC0
L’abattage massif des renards, fouines, martres, pies, corbeaux et autres corneilles coûte huit fois plus cher que les dégâts qu’on leur impute. - Pxhere / Creative Commons by CC0
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Les plus d’un million d’animaux jugés « nuisibles » et tués chaque année par la France le sont sans réel intérêt économique et environnemental. L’abattage massif des renards, fouines, martres, pies, corbeaux et autres corneilles coûte en réalité huit fois plus cher que les dégâts qu’on leur impute.
C’est ce que révèle une étude réalisée par des chercheurs du Muséum national d’histoire naturelle et de l’University of the West of England, publiée le 9 mars dans la revue Biological Conservation. L’équipe de scientifiques a évalué, pour la première fois, l’efficacité de la politique de régulation des espèces dites « nuisibles » de la France, menée dans l’optique de réduire les pertes agricoles, de protéger les biens privés et publics, et de limiter les risques sanitaires.
Les chercheurs ont analysé des données officielles récoltées entre 2015 et 2022. Pour chaque département, ils ont compilé le nombre d’animaux tués et le montant des dégâts qu’ils auraient infligés aux agriculteurs et aux particuliers. Il ressort de cette analyse que le coût moyen de la politique de la France revient à presque 64 euros par animal tué (pour 12,4 millions d’animaux en 7 ans). Le coût global annuel de ces campagnes d’éradication est estimé de 103 à 123 millions d’euros… alors que les dégâts causés par les animaux ne s’élèvent qu’à un montant allant de 8 à 23 millions d’euros, soit environ huit fois moins cher.
Des « services écosystémiques » rendus par ces animaux
Au-delà de son coût important, cette politique semble inefficace, dans la mesure où les dégâts n’augmentent pas dans les territoires où ces animaux ne sont pas abattus. Tuer plus d’animaux une année donnée ne semble pas réduire les dommages l’année suivante.
Les chercheurs suggèrent donc de réviser cette politique, qui réduisent l’ampleur des « services écosystémiques » que ces animaux peuvent nous rendre. Les corvidés, par exemple, contribuent à la dispersion des graines ; en cachant des glands, les geais contribuent à l’existence des chênes ; la prédation des rongeurs par les renards peut aussi protéger les cultures. Ailleurs en Europe, plutôt que l’abattage généralisé, l’effarouchement ou des interventions ponctuelles sont privilégiées.