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Quotidien

On vous aide à décrypter la nouvelle étiquette énergie sur les smartphones

Les modèles neufs de smartphones seront classés de A (couleur verte) à G (couleur rouge).

En Europe, les smartphones neufs doivent désormais afficher une étiquette censée guider les consommateurs vers des achats plus verts. Autonomie de la batterie, réparabilité... Reporterre vous aide à décrypter ces informations.

Depuis plus de vingt ans, on a l’habitude de la voir sur les appareils électroménagers. Désormais, l’étiquette énergie mise en place par la Commission européenne devra aussi éclairer le choix de nos smartphones et tablettes. Le 20 juin, ils rejoignent la liste des produits soumis à cet affichage, en magasin comme sur les sites d’e-commerce. Les modèles neufs seront classés de A (couleur verte) à G (couleur rouge). Une bonne nouvelle pour favoriser des achats plus écologiques ? Seulement à condition de savoir décrypter les détails de cette étiquette.

Grosse difficulté, en effet : le classement en couleurs, le plus visible sur l’étiquette, repose sur l’efficacité énergétique, c’est-à-dire la capacité à ne pas gaspiller l’énergie de la batterie. Un critère secondaire en ce qui concerne le coût environnemental des smartphones.

« Les études montrent que 80 % des impacts environnementaux de ces terminaux ont lieu lors de la fabrication de l’équipement », souligne Frédéric Bordage, fondateur de Green IT, collectif d’experts de la sobriété numérique. Les smartphones contiennent des dizaines de matériaux différents, dont des métaux très rares. Leur extraction, très polluante, est en plus néfaste socialement.

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Autrement dit, choisir un smartphone économe en énergie, c’est bien. Mais l’enjeu majeur pour la planète est ailleurs : il réside dans l’allongement de la durée de vie des appareils.

Réparabilité, résistance à l’impact...

La nouvelle étiquette énergie n’élude pas totalement la question. Pour la première fois, avec les smartphones et tablettes, elle inclut des critères de durabilité. Ils sont toutefois relégués au bas de l’étiquette et leurs pictogrammes ne sont pas explicites. Il s’agit :

  • d’une note de résistance à l’impact (de A à E), établie en faisant subir des chutes à l’appareil de 1 mètre de hauteur (numéro 4 sur le schéma ci-dessous) ;
  • de l’endurance de la batterie, c’est-à-dire le nombre de cycles de recharge qu’elle peut subir avant d’avoir perdu 20 % de sa capacité initiale (numéro 5) ;
  • et d’une note de réparabilité, de A à E, incluant notamment la facilité à démonter l’appareil et la disponibilité des pièces de rechange (numéro 6).
DR

Pour réduire le coût écologique de son achat, ce sont ces critères qu’il faut prendre en compte plutôt que la note principale de l’étiquette. Du moins si l’on opte pour un modèle neuf : l’idéal est de choisir un modèle reconditionné ou de réparer son vieux téléphone pour le conserver encore un peu.

Exigences d’écoconception

Sur la nouvelle étiquette — qui s’applique à l’échelle européenne —, ces évaluations sont d’ailleurs moins abouties que celle déjà mise en place en France en janvier 2021. Ainsi, la note de réparabilité ne prend pas en compte le prix des pièces détachées, contrairement à l’indice de réparabilité français (dont l’affichage reste obligatoire, à côté de l’étiquette énergie).

Le prix élevé des pièces est pourtant un obstacle fréquent à la réparation des appareils. Les autorités françaises souhaitaient d’ailleurs transformer cet indice en indice de durabilité, en y incluant des critères de robustesse, comme pour les lave-linge. Bruxelles s’y est opposé pour éviter la cohabitation d’informations contradictoires avec la nouvelle étiquette énergie.

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La réglementation européenne permet toutefois un gros pas en avant en matière de durabilité des smartphones. En même temps que l’obligation d’afficher l’étiquette énergie, des exigences d’écoconception entrent en vigueur pour tous les appareils mis sur le marché en Europe : « Les appareils devront notamment proposer les mises à jour du système d’exploitation pendant cinq ans après la fin de commercialisation de l’appareil », se félicite Frédéric Bordage.

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