Station d’épuration saturée : la justice stoppe l’urbanisation en Cerdagne
Bena, près de Puigcerdà, en Cerdagne, dont la capacité d'assainissement de la station d'épuration ne permet pas d'urbaniser de nouvelles zones, a déclaré la justice. - Jorge Franganillo / CC BY 3.0 / Wikimedia Commons
Bena, près de Puigcerdà, en Cerdagne, dont la capacité d'assainissement de la station d'épuration ne permet pas d'urbaniser de nouvelles zones, a déclaré la justice. - Jorge Franganillo / CC BY 3.0 / Wikimedia Commons
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Il n’y aura pas de nouvelles infrastructures touristiques en Cerdagne, une région située dans les Pyrénées-Orientales à la frontière avec l’Espagne. Cette décision de la cour administrative d’appel de Toulouse est saluée par plusieurs associations écologistes [1] locales qui menaient bataille contre ce projet de bétonisation.
Dans un arrêt du 25 avril dernier, la Cour leur a donné raison, considérant que les projets prévus dans le plan local d’urbanisme de la communauté de communes n’étaient pas soutenable, compte tenu de la saturation de la station d’épuration à laquelle sont raccordés les neuf communes concernées par le PLU.
« L’état de saturation de la station d’épuration de Puigcerda […] suffit pour retenir que les neuf communes intéressées ne disposaient pas, à cette même date, d’un réseau d’assainissement d’une capacité suffisante pour y raccorder les nouvelles zones à urbaniser », estime la juridiction administrative. Outre le problème de la station d’épuration, la cour soulève l’insuffisance, voire l’absence, d’évaluation de l’incidence environnementale de ces projets.
« L’urgence n’est évidemment pas à de nouvelles constructions mais à la réhabilitation du bâti existant »
« C’est autant d’hectares de terres agricoles et d’espaces naturels qui sont sauvés de l’artificialisation, se réjouit dans un communiqué David Berrué des Écologistes du Pays catalan. Après des années de fuite en avant, le moment est peut-être arrivé d’une bascule vers un arrêt de l’urbanisation non soutenable de la montagne. »
Selon les calculs de l’association Bien vivre en Pyrénées catalanes, « Cerdagne et Capcir voient l’équivalent d’un terrain de foot bétonné toutes les deux semaines ». Les résidences secondaires représenteraient entre 60 et 90 % des logements des communes de montagne. « L’urgence n’est évidemment pas à de nouvelles constructions mais à la réhabilitation du bâti existant. Faute de le comprendre, c’est l’habitabilité de tout un territoire qui est en sursis », prévient David Berrué.