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En brefOcéans

Surpêche : l’ONG Bloom dénonce l’impunité des thoniers français

Un navire thonier.

L’étude est inédite : Bloom a dévoilé le 6 mars 2023 les statistiques de contrôles des pêches opérés par l’État français. Ses conclusions sont sans concession : « L’État ne fait presque rien pour contrôler ses navires thoniers, dont le poids dans la pêche française est pourtant majeur. » La pêche thonière tropicale représente 22 % des captures françaises totales au cours des cinq dernières années pour ses 22 navires actifs (c’est-à-dire 0,4 % de la flotte française).

Il existe bien des contrôles sur les navires de pêche : en 2022, la France a diligenté quelque 5 520 contrôles sur un total de 6 257 navires, soit 0,9 contrôle par navire en moyenne. 88 % de ces contrôles ont été réalisés en métropole contre seulement 12 % dans les territoires ultramarins ou dans les zones dites « hors façades » (qui ne sont pas incluses dans une façade officiellement définie).

« Les éléments en notre possession tendent à démontrer que ces contrôles ne concernent quasi exclusivement que les navires étrangers, et que les thoniers français ne seraient contrôlés que de manière anecdotique, que ce soit en mer ou lors de leurs débarquements », explique Bloom.

« Masquer sa complaisance envers les fraudes constantes de ses flottes »

L’ONG accuse la France d’œuvrer à Bruxelles pour changer les normes européennes « pour masquer sa complaisance envers les fraudes constantes de ses flottes de pêche en Afrique ». Non seulement ces manœuvres lui permettraient d’échapper à la procédure d’infraction ouverte en 2021 par la Commission européenne, mais elles conduiraient aussi à « faire de la fraude de ses flottes thonières la nouvelle norme en Europe »

Bloom annonce également avoir saisi le tribunal administratif, l’administration française ayant refusé de façon implicite de transmettre des données clés : nombre de contrôles effectués, liste des fraudes, infractions constatées, localisation des navires et leurs activités de pêche, localisation des « dispositifs de concentration du poisson » (DCP) dérivants. Ces radeaux flottants font des ravages dans les populations de thons.

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