Un journaliste arbitrairement condamné en Grèce espère être relaxé en appel
Le reporter (ici en Grèce à l’été 2023) est accusé par le pays d’avoir émis une fausse alerte à la bombe. - © Romain Chauvet
Le reporter (ici en Grèce à l’été 2023) est accusé par le pays d’avoir émis une fausse alerte à la bombe. - © Romain Chauvet
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Mise à jour : Le jeudi 27 mars 2025, la cour d’appel d’Athènes a finalement relaxé le journaliste franco-canadien Romain Chauvet, estimant que l’infraction n’était pas caractérisée.
Six mois de prison avec un sursis probatoire de trois ans. Le 26 octobre 2023, le journaliste Romain Chauvet était condamné par le tribunal d’Athènes pour « diffusion de fausses informations », selon l’article 191 du code pénal grec. Une guichetière de l’aéroport de la capitale grecque l’accuse d’avoir lancé une fausse alerte à la bombe. Le journaliste indépendant franco-canadien, et collaborateur de Reporterre, a fait appel de ce jugement, la décision sera rendue jeudi 27 mars.
Joint par Reporterre, Pavol Szalai, responsable du bureau UE-Balkans de Reporters sans frontières (RSF) dénonce « une affaire absurde » et « un dossier vide ». « Je n’ai jamais parlé d’une bombe à bord d’un avion, ni même prononcé ce mot », avait déclaré le journaliste à la barre.
« Romain Chauvet a été condamné extrêmement rapidement, quelques semaines à peine après son arrestation sur la base d’un seul témoignage », détaille Pavol Szalai de RSF qui perçoit un très mauvais signal envoyé aux journalistes. « Si la première décision est confirmée en appel, il deviendra le premier journaliste condamné dans un État membre de l’Union européenne. Cela représenterait une menace de sanctions abusives pour tous les journalistes officiant en Grèce. »
Une question anodine
Les faits reprochés demeurent obscurs : le 12 octobre 2023, le journaliste était présent à l’aéroport athénien pour un reportage sur un rapatriement de Canadiens vivant en Grèce — après les attaques du Hamas. Il se serait adressé à la guichetière pour une question anodine, avant de se faire arrêter par les autorités.
Située au 88e rang sur 180 pays et territoires dans le Classement mondial de la liberté de la presse établi par RSF en 2024, la Grèce se hisse à la dernière place au sein de l’Union européenne.