123
Média indépendant à but non lucratif, en accès libre, sans pub, financé par les dons de ses lectrices et lecteurs

En brefLuttes

Des militants infiltrent une usine du chimiste BASF et finissent à la gendarmerie

Les activistes se sont introduits dans l'usine BASF de Genay (Rhône) pour y découvrir du Stedfast, un insecticide interdit.

Une trentaine de Faucheurs et faucheuses volontaires d’OGM ont réalisé une « inspection citoyenne », lundi 29 juin, en s’introduisant dans un entrepôt du site Seveso seuil haut de BASF à Genay, au nord de Lyon. Un an après une première « inspection » sur le site de l’entreprise allemande, les militants sont revenus pour découvrir, à nouveau, un produit formulé à base d’alpha-cyperméthrine, le Stedfast.

Plusieurs militants participant à l’action ont été soumis à des contrôles d’identité et ont été emmenés à la gendarmerie de Neuville-sur-Saône.

L’alpha-cyperméthrine, une substance active présentant une toxicité aiguë, n’est plus approuvée au niveau européen depuis 2021, ce qui justifie son interdiction en France dans les produits phytosanitaires, au titre de la loi Egalim. Le Stedfast ne tombe toutefois pas sous le coup de cette interdiction, car il n’est pas utilisé en agriculture, mais seulement contre les termites. Il est donc considéré comme un biocide, et pas un phytosanitaire.

« Tout est fait pour faciliter ces pratiques des entreprises : ces lois sont faites pour que les industriels puissent utiliser leurs failles, et continuer à produire et exporter ces substances toxiques », réagit Annick, des Faucheurs volontaires.

À la suite de la première découverte des Faucheurs, en 2025, l’industriel avait été contraint de détruire son stock de Fastac sur injonction de l’État, qui avait estimé que le retrait européen de l’approbation de l’alpha-cyperméthrine relevait bien de « motifs liés à la santé humaine ou à l’environnement ». « Aucune suite administrative ou pénale n’a eu lieu, s’étonne le collectif. Les géants de l’agrochimie, dont BASF, continuent de s’enrichir en exportant leurs substances interdites “made in France”, malgré tous les dégâts humains et environnementaux que leur utilisation occasionne ».

legende