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Photographe dans les Vosges ©Mathieu Génon/Reporterre

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En bref — Libertés

Un rapport pointe les effets toxiques des gaz lacrymogènes

L’association ATC (association toxicologie chimie) a publié vendredi 26 juin un rapport sur « l’utilisation du gaz lacrymogène CS et ses effets toxiques à plus ou moins long terme », révèle Le Nouvel Obs, qui a eu accès au rapport en avant-première (désormais en ligne).

« La question de la nocivité des gaz lacrymogènes a déjà largement été posée dans le monde, mais elle n’avait jamais été synthétisée de la sorte, a déclaré au journal André Picot, le président de l’association toxicologie-chimie. La plupart des études ne sont pas accessibles, car réservées au domaine militaire. Ce travail est d’utilité publique. »

Le rapport revient sur les effets du gaz lacrymogène et montre plus précisément l’importance du cyanure dans sa nocivité. Il établit que chaque molécule de gaz lacrymogène CS se métabolise dans le corps humain en deux molécules de cyanure. Cette absorption se fait aussi, et de façon importante, par voie cutanée.

Le rapport décrit le mécanisme du cyanure (qui provoque entre autres un blocage de la chaîne respiratoire et du stress oxydatif) et détaille ce qu’il provoque lorsqu’il pénètre le corps, même à petites en dose. La molécule touche prioritairement le cerveau, le foie et les reins. Les yeux seraient aussi impactés (cataracte…). Elle impacte le système nerveux central (maux de tête, anxiété, vertiges, étourdissements, confusion pertes de conscience, paralysies, voire coma), respiratoire (hyperventilation, tachypnée, dyspné ou apnée sans les cas extrêmes), cardiovasculaire (hypotension, palpitations, arythmie, tachycardie…), cause aussi des dommages thyroïdiens, gastro-intestinaux (nausées et vomissements, diarrhées), musculo-squelettiques (rigidité musculaire), hépatiques… Dans le New Jersey, le Department of Health (ministère de la Santé) appelle les manifestants exposés à faire des analyses de l’état de leur foie et de leurs reins. « Pourquoi n’y a-t-il rien en France ? s’étonne Alexander Samuel, auteur du rapport. Pour des raisons politiques, la question scientifique n’est pas assez explorée. »

Il espère que son travail provoquera une prise de conscience. « Ce que j’ai produit interroge. J’aimerais que d’autres personnes s’emparent de la question. »

Pour rappel, Reporterre avait publié une enquête en trois volets sur les gaz lacrymogènes, en décembre dernier.

  • Source : Le Nouvel Obs
  • Photo : Manifestations des Gilets jaunes le 1er décembre et le 1er mai 2019 à Paris. © NnoMan Cadoret/Reporterre

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