Une bombe climatique : les émissions de méthane continuent d’augmenter
Les émissions de méthane sont notamment générées par le secteur de l’élevage. - Pexels/CC/Yan Krukau
Les émissions de méthane sont notamment générées par le secteur de l’élevage. - Pexels/CC/Yan Krukau
Durée de lecture : 2 minutes
Mauvaise nouvelle pour le climat : les émissions mondiales de méthane — un puissant gaz à effet de serre — continuent d’augmenter, selon une étude parue le 3 septembre dans Nature Communications.
Avec un pouvoir de réchauffement 80 fois supérieur à celui du CO2 sur une période de vingt ans, le méthane est considéré comme une véritable bombe climatique. Avec cette nouvelle étude, les chercheurs ont réalisé l’analyse la plus complète à ce jour des émissions de méthane dans 164 pays et 120 secteurs entre 1990 et 2023. D’après leurs calculs, les émissions mondiales de méthane ont augmenté, passant de 266,4 millions de tonnes/an (équivalant à 7,5 gigatonnes d’émissions de CO2/an) en 1990 à 329,5 millions de tonnes/an (9,2 Gt CO2-eq/an) en 2008. Entre 2002 et 2008, près d’un tiers de l’augmentation mondiale peut être attribué à la Chine.
Pour rappel, plus de 65 % des émissions de méthane sont dues aux activités humaines. Elles sont notamment générées par le secteur de l’élevage — les bovins émettant du méthane lors de leur digestion —, la riziculture, les combustibles fossiles et la décomposition de la nourriture et des matières organiques dans les décharges.
« Le méthane a une durée de vie atmosphérique courte [une douzaine d’années], ce qui signifie que les réductions faites aujourd’hui peuvent avoir un impact rapide », a rappelé dans un communiqué le chercheur Yuli Shan de l’université de Birmingham, auteur principal de l’étude.
Parmi les pistes pour agir, l’étude met en avant la diminution des engrais de synthèse, une meilleure détection des fuites dans l’extraction du pétrole et du gaz, et la réduction de la consommation de viande rouge. D’après un rapport publié en 2021, une réduction de 45 % des émissions mondiales de méthane serait possible d’ici 2030.
Le méthane a contribué à environ 30 % au réchauffement climatique depuis l’ère préindustrielle. Il contribue également à la pollution atmosphérique, causant environ 1 million de décès prématurés chaque année à travers le monde.