Yannick Jadot gagne son procès contre TotalEnergies
Yannick Jadot après son procès en diffamation remporté contre TotalEnergies, le 6 juin 2025 au tribunal correctionnel de Paris. - © Bastien Ohier / Hans Lucas / AFP
Yannick Jadot après son procès en diffamation remporté contre TotalEnergies, le 6 juin 2025 au tribunal correctionnel de Paris. - © Bastien Ohier / Hans Lucas / AFP
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C’est une victoire judiciaire et symbolique pour Yannick Jadot. Le sénateur écologiste a été relaxé vendredi 6 juin par le tribunal correctionnel de Paris, après une plainte en diffamation déposée par TotalEnergies. L’ex-candidat à l’élection présidentielle accusait le groupe pétrolier de complicité de crimes de guerre, en raison du maintien de certaines de ses activités en Russie après l’invasion de l’Ukraine en février 2022.
À l’époque, Yannick Jadot dénonçait une forme de compromission : « Il est inacceptable que Total reste la dernière multinationale du pétrole et du gaz présente en Russie », affirmait-il en mars lors de l’audience, assumant ses propos au nom du devoir politique d’alerte. TotalEnergies, implanté sur le sol russe avant le conflit, avait entamé un retrait partiel à partir du printemps 2022, sans pour autant rompre totalement ses engagements sur place.
Victoire au nom de la liberté d’expression
Pour l’avocat du groupe pétrolier, Antonin Lévy, cité par Ouest-France, l’accusation portée par Jadot était « extrêmement grave » et sa répétition dans les médias « insupportable ». Mais la justice a estimé que les propos s’inscrivaient dans le cadre du débat d’intérêt général. La défense, assurée par William Bourdon, s’était appuyée sur la protection de la liberté d’expression.
Yannick Jadot a salué sur Bluesky une décision qui « démontre que TotalEnergies ne pouvait — et ne peut toujours pas — ignorer que ses activités en Russie contribuent au financement du régime poutinien ». Il y voit un rempart contre les « procédures-bâillons » et appelle Emmanuel Macron à exiger le retrait total du groupe d’une « dictature coupable de crimes de guerre et crimes contre l’humanité ».