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En bref — Forêts

Alpes du Sud : les défenseurs de la forêt obtiennent un sursis fragile

Des opposants à la coupe rase de 17 hectares à Alpes-de-Haute-Provence, le 20 septembre 2022.

Le sursis aura été de courte durée pour la forêt. Mardi 20 septembre, les opposants à la coupe rase de 17 hectares à Cruis (Alpes-de-Haute-Provence) avaient réussi à arrêter les bûcherons : mercredi 21 au matin, l’abattage a repris. Au milieu des arbres, les ouvriers forestiers travaillent parmi une dizaine de militants, souvent très proches, dans une ambiance tendue. La veille, les gendarmes avaient fait cesser le chantier en raison du risque d’accident. Mercredi matin, ils ne sont pas là.

Cette parcelle forestière accrochée à la pente sud de la montagne de Lure appartient à la société canadienne Boralex depuis février 2017. Elle dispose de permis de défricher et de construire. Spécialisée dans la production d’énergies renouvelables (solaire et éolien), Boralex veut installer à Cruis une centrale photovoltaïque. En 2020, les opposants, au sein notamment de l’association Amilure, ont attaqué la décision préfectorale autorisant la destruction d’espèces protégées contraire à l’avis (consultatif) du Conseil national de la protection de la nature (CNPN). La justice n’a pas encore été rendue, mais Boralex a commencé à faire des coupes rases, provoquant colère et indignation chez les opposants. Ceux-là ont saisi le juge en référé pour interdire les travaux, arguant à la fois du jugement en cours et d’un défaut d’affichage du permis de défricher, qui doit être rendu public deux semaines avant le début des travaux. Action pour le moment insuffisante.

Comme l’écrivait Reporterre fin avril, depuis quelques années, la montagne de Lure, dans la partie est du parc naturel régional du Lubéron, fait l’objet de la convoitise des promoteurs de l’énergie solaire. En plus des 200 hectares déjà implantés, de multiples projets viennent miter les crêtes de cette chaîne des Préalpes, sur une emprise cumulée de plus de 500 hectares, dans une région classée à l’Unesco comme réserve de biosphère.

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