Après une amélioration, les populations de baleines à bosse décroissent
Entre 2013 et 2021, 20 % de ces cétacés ont disparu du Pacifique Nord. - Wikimedia Commons/CC BY 3.0/Whit Welles Wwelles14
Entre 2013 et 2021, 20 % de ces cétacés ont disparu du Pacifique Nord. - Wikimedia Commons/CC BY 3.0/Whit Welles Wwelles14
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Après l’embellie, l’abîme ? Alors que le nombre de baleines à bosse avait joliment augmenté depuis l’interdiction de leur chasse, en 1976, leur population décline à nouveau de manière inquiétante dans le Pacifique Nord, alerte une étude publiée fin février dans la revue scientifique Royal Society Open Science. Entre 2013 et 2021, 20 % de ces majestueux cétacés ont disparu. Selon les estimations des scientifiques, on ne compterait plus aujourd’hui qu’autour de 26 500 baleines à bosse dans la région, contre 33 500 sept ans plus tôt — ce qui correspond à une perte totale de 7 000 individus.
Selon les auteurs de cette étude, le principal responsable serait le changement climatique. Entre 2014 et 2016, le nord-est de l’océan Pacifique a été frappé par la vague de chaleur la plus extrême jamais enregistrée par l’être humain, avec des températures à la surface de la mer excédant de 3 à 6 °C les normales. Cette canicule marine a grandement diminué la « productivité biologique » de l’océan, expliquent-ils, et réduit, in fine, la quantité de nourriture disponible pour les baleines à bosse.
Toutes les baleines ne succombent pas à ces jeûnes forcés. Mais celles qui survivent aux vagues de chaleur peuvent dangereusement maigrir. « Au lieu d’être joliment rondes, elles deviennent bizarrement anguleuses », a expliqué le biologiste Ted Cheeseman, l’auteur principal de cette étude, au quotidien britannique The Guardian. Ces baleines amaigries sont plus vulnérables aux maladies, et moins aptes à la reproduction.
Les vagues de chaleur ne sont pas seules responsables du déclin de la population de baleines à bosse. Les auteurs de cette étude évoquent également les collisions avec les navires et la pêche — les baleines pouvant se retrouver piégées dans les filets. Combinés, ces facteurs d’origine humaine pourraient « limiter », voire « inverser », la tendance au rétablissement des populations de baleines à bosse observée depuis 1976. À l’époque, après des années de chasse, on ne comptait plus que 1 200 à 1 600 individus dans l’océan. Les activités humaines les referont-elles tomber aussi bas ?