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Objectif 30 000 €

Avec Vergers urbains, la ville devient comestible

22 septembre 2016 / Benoît Ducasse (Campagnes solidaires)



À Paris, l’association Vergers urbains s’est donné pour objectif de rendre la ville comestible, de la végétaliser, de semer et planter à l’initiative ou en collaboration avec les habitant.e.s tous les sites possibles.

- Paris, reportage

Durant et depuis la COP 21, la grande conférence mondiale sur le climat de décembre 2015, Vergers urbains est passé aux actions concrètes à Paris avec son opération « 1.000 arbres fruitiers pour le climat ». Fondée il y a quatre ans dans le 18e arrondissement de la capitale, l’association [1] a pour objectif de rendre la ville comestible, de la végétaliser, de semer et planter à l’initiative ou en collaboration avec les habitant.e.s tous les sites possibles, du parc urbain au moindre coin de rue, en passant par les friches disséminées dans quasiment tous les quartiers [2].

Les animateurs rappellent sur leur site : « Les arbres ont, entre autre, une capacité de régulation climatique globale et locale qui n’est plus à démontrer, en contribuant à capter le CO2, en luttant contre les îlots de chaleurs urbains ou en produisant des ressources locales (aliments, énergie, biomasse, etc.). »

Un millier de plants de 200 variétés différentes 

La demande part généralement des associations de quartier qui cherchent à verdir leur environnement. Vergers urbains y répond en préconisant des plantes comestibles, les arbres ou arbustes fruitiers principalement, qui seront ensuite pris en charge par les habitant.e.s. Cette année, l’association a donc commandé auprès de deux fournisseurs un millier de plants de 200 variétés différentes. Un jardin partagé [3] joue le rôle de pépinière centrale où les plants sont mis en jauge. Le but est d’être prochainement autonome, de pouvoir bouturer et greffer, de produire ainsi les plantes au besoin pour les porteurs de nouveaux projets de végétalisation. Membre de l’association, un arboriculteur professionnel transmet pour cela son savoir-faire [4].

L’opération se diffuse dans tout Paris. Près du périphérique, dans le 20e, un verger a été complété de nouvelles plantations au square Emmanuel Fleury : en tout, une quarantaine de grands fruitiers (pommiers, poiriers, cerisiers...) et une soixantaine de petits fruitiers à baie (framboisiers, groseilliers, cassissiers...). « L’objectif est de créer à moyen terme une dizaine de vergers de ce type », précise Sébastien Goelzer, un des cofondateur de Vergers urbains et urbaniste de formation.

Les collectivités territoriales, des partenaires très importants 

Les fondateurs de Vergers urbains sont pour la plupart acteurs du mouvement des villes en transition, intéressés par la permaculture et investis dans des jardins partagés. La ville comestible se pense et se construit en réseau, notamment au sein du collectif Babylone, créé pour imaginer et mettre en œuvre des projets d’agriculture urbaine et d’écosystèmes résilients.

Les collectivités territoriales sont bien sûr des partenaires très importants. Les premiers contacts avec la ville de Paris ont été pris dès 2012 pour demander le remplacement d’arbres d’ornement ou d’alignement par des arbres porteurs de fruits comestibles. Les bailleurs sociaux sont aussi des acteurs cruciaux pour la réussite de la démarche. Vergers urbains a déjà procédé à la plantation de fruitiers sur des terrains de Paris Habitat, par exemple. L’association travaille aussi avec la municipalité d’Arcueil, à quelques kilomètres au sud de la capitale, dans le cadre de son projet Arcueil, ville comestible. Un peu plus loin, à Igny, dans la vallée de la Brièvre, elle œuvre au sein d’un collectif pour la réhabilitation d’un ancien terrain pédagogique lié à un lycée horticole dont une partie des six hectares sera remise en culture avec l’installation prochaine d’un maraîcher. Largement ouverte pour partager ses expériences, Vergers urbains est même en train de travailler à la réalisation d’un espace maraîcher sur un terrain appartenant à un bailleur social de Tours.




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[1Vergers urbains porte avec quatre autres associations parisiennes un projet de société coopérative d’intérêt collectif (Scic), dénommé Ville comestible, ayant pour objectif de développer l’agriculture urbaine en s’inspirant de l’agroécologie et de la permaculture.

[2En veillant cependant à prendre en compte la pollution possible des sols.

[3Le jardin communautaire — ou jardin partagé — est un jardin rural ou urbain géré en commun par un groupe d’habitant.e.s.

[4L’association parvient à rémunérer deux personnes en emplois aidés, dispose de 8 membres permanents (dont des services civiques et des stagiaires), compte sur un noyau d’une trentaine membres actifs et une centaine de bénévoles au total. Elle perçoit environ 20 % de son budget en subventions, le reste des recettes provenant des prestations auprès des collectivités locales, des conseils de quartier, des bailleurs sociaux, de quelques acteurs privés ou de partenaires associatifs.


Lire aussi : L’agriculture urbaine‏ est en plein essor

Source : Article et photo transmis amicalement à Reporterre par Benoit Ducasse, de Campagnes solidaires, le mensuel de la Confédération paysanne.

. chapô : plantation d’arbres fruitiers au square Alain-Bashung, dans le 18e arrondissement de Paris.

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