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Monde

« Une escalade de la répression » : la victoire de Trump angoisse les écologistes

Manifestation contre le projet Cop City dans une forêt d'Atlanta le 9 mars 2023, à New York, aux États-Unis.

Donald Trump avait annoncé qu’il réprimerait les luttes écologistes en envoyant l’armée. Pour les opposants à Cop City, sa victoire à la présidentielle laisse craindre une répression encore pire que sous Joe Biden.

Atlanta, Géorgie (États-Unis), correspondance

Le camp progressiste ne s’est pas encore remis de sa débâcle. Les démocrates cherchent à expliquer leur échec, après la victoire de Donald Trump à l’élection présidentielle du 5 novembre. En plus de son programme ultraconservateur et de ses velléités revanchardes, son mandat laisse craindre une plus forte répression des mouvements sociaux et environnementaux.

En octobre, il estimait que ces « tarés d’extrême gauche » constituaient une menace pour le pays. Dans la même interview accordée à la chaîne ultraconservatrice Fox News, le futur président des États-Unis déclarait vouloir envoyer l’armée pour faire taire ces luttes. Le mouvement contre Cop City (la « ville des flics ») à Atlanta, dans le sud-est du pays, n’était pas mentionné, mais il pourrait en faire partie.

Le mouvement s’oppose à la construction d’un centre de formation pour la police, avec un budget de plus de 90 millions de dollars (environ 84 millions d’euros). La lutte a rassemblé des militants environnementaux contre la destruction d’une forêt, ainsi que des organisations contre les violences policières, qui dénoncent la militarisation de la police.

La mort d’un militant, surnommé « Tortuguita » (« la petite tortue »), tué par la police en 2023 — dans des circonstances encore troubles —, a propulsé le mouvement sur la scène internationale. Il a depuis subi une répression juridique, avec une soixantaine de militants inculpés notamment pour crime organisé et certains pour terrorisme — des opérations de désobéissance civile et des sabotages sont responsables de destructions sur le site envisagé pour Cop City.

« La continuité de la répression en cours »

« Les conséquences de l’administration de Donald Trump seront plus ciblées qu’elles ne l’auraient été avec Kamala Harris, mais l’administration actuelle avait déjà visé le mouvement, explique Kamau Franklin, figure de la contestation contre Cop City. Avec Donald Trump, les méthodes et les moyens seront juste différents. Elles seront plus caustiques, plus ouvertement d’extrême droite, avec plus d’insultes, en invitant ses partisans à attaquer la gauche. » Le militant insiste : « Ça sera la continuité de la répression déjà en cours, menée par les démocrates. Il n’y aura pas de rupture. »

« Les républicains sont plus directs et honnêtes sur ce sujet. Les démocrates diront peut-être qu’ils sont contre quelque chose [comme les violences policières], mais continueront de financer la police à côté », regrette Misty, une militante du mouvement. Elle a voté pour la candidate du Parti vert Jill Stein, alors qu’il y a quatre ans elle tractait pour Joe Biden. Pour elle, démocrates et républicains deviennent trop similaires. « Cela fait vingt ans que les démocrates se droitisent, ils parlent de renforcer les frontières et d’être plus durs sur l’immigration. Ils sont simplement plus discrets que les républicains. »

« Une escalade rapide de la répression »

Certains opposants à Cop City sont déjà surveillés par les autorités locales, ainsi que le FBI. « Je pense qu’on va voir une escalade rapide de la répression, pas seulement avec le mouvement contre Cop City, mais de manière générale pour les mouvements de justice sociale dans l’ensemble du pays », analyse Will Potter, journaliste d’investigation et auteur du livre Vert est le nouveau rouge, sur la surveillance et l’utilisation de lois antiterroristes contre les mouvements environnementaux.

Et d’ajouter : « Ces pouvoirs de surveillance ont été étendus pendant les présidences de démocrates et de républicains. Mon inquiétude est qu’avec leur institutionnalisation, ils puissent être utilisés par un pouvoir autoritaire. On peut s’attendre non seulement à ce que Donald Trump les utilise, mais qu’il en repousse les limites. »

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