Bolloré perd définitivement son premier procès en diffamation intenté à Bastamag
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Après cinq ans de procédure, Bolloré a définitivement perdu le premier procès en diffamation qu’il intentait à Bastamag. Le 7 mai, la chambre criminelle de la Cour de cassation a rejeté le pourvoi de la multinationale présidée par Vincent Bolloré. Celle-ci avait déjà été déboutée de sa plainte en première instance, jugement qui avait été confirmé en appel, avant de se retrouver en cassation.
Pour rappel, le groupe Bolloré a attaqué en diffamation un article publié en octobre 2012, intitulé « Bolloré, Crédit agricole, Louis Dreyfus : ces groupes français, champions de l’accaparement de terres ». L’article pointait le rôle de grandes entreprises françaises dans le phénomène d’accaparement des terres en Afrique, en Amérique latine et en Asie. Il mentionnait, entre autres, les activités du groupe Bolloré, via une holding luxembourgeoise, la Socfin. Celle-ci possède une trentaine de filiales, dont plusieurs gèrent des plantations d’hévéas et de palmiers à huile en Afrique et en Asie. Ses pratiques font l’objet de nombreuses critiques de la part des populations locales et d’organisations internationales de défense des droits humains.
La Cour de cassation a confirmé que l’article s’inscrivait « dans un débat d’intérêt général sur l’achat et la gestion [de terres agricoles], par des multinationales de l’agro-alimentaire parmi lesquelles la société Bolloré » et reposait « sur une base factuelle suffisante » sans dépasser « les limites admissibles de la liberté d’expression ». La Cour de cassation désavoue ainsi totalement et définitivement les arguments de l’avocat de Bolloré, qui avait reproché aux journalistes de Bastamag, lors de l’audience en appel, d’avoir publié un article « insupportable » pour l’honneur de Vincent Bolloré, et d’avoir réalisé « un travail de cochon ».
- Source : Bastamag