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Santé

E202, E224, E250... Ces additifs alimentaires aggravent les risques de cancer et de diabète

Le nitrite de sodium est en particulier très utilisé en charcuterie.

Les conservateurs augmentent la durée de vie des produits alimentaires, mais pas celle des individus. Consommer ces produits augmenterait les risques de cancer et de diabète, selon deux études.

Codifiés de E200 à E399, les conservateurs sont des additifs alimentaires largement utilisés par l’industrie pour allonger la durée de vie des produits. Mais leurs effets ne s’arrêtent pas là. Une équipe française a montré les liens entre la consommation de ces additifs et l’augmentation des risques de cancer et de diabète de type 2, dans deux études publiées le 7 janvier.

En inhibant l’activité microbienne, en ralentissant les modifications chimiques ou en éliminant l’oxygène, les conservateurs agissent sur les aliments… mais aussi sur nos cellules ! Des effets déjà montrés en laboratoire. Les nouveaux travaux de l’équipe d’épidémiologie nutritionnelle dirigée par Mathilde Touvier de l’Inserm vont plus loin. En s’appuyant sur l’étude de plus de 100 000 personnes, ils montrent une augmentation notable du risque de maladies chroniques en fonction du niveau de consommation de certains d’entre eux.

Exposition aux additifs

La forte consommation de nitrite de sodium (E250) ainsi que celle d’additifs de la famille des sulfites, sorbates ou acétates seraient ainsi associée à des risques accrus de cancers, en particulier de cancers du sein et de la prostate, selon l’étude publiée dans le British Medical Journal.

Concernant les diabètes de type 2, 12 conservateurs sur les 17 étudiés sont en particulier pointés du doigt dans les résultats publiés dans Nature Communications (E202, E224, E250, E260, E262, E282, E301, E307, E316, E330, E338 et E392).

Pour arriver à ces résultats, les chercheurs ont étudié le régime alimentaire et le mode de vie des 100 000 participants à la cohorte NutriNet-Santé entre 2009 et 2023. Puis ils ont établi des corrélations entre les personnes atteintes de cancer ou de diabète et leur niveau de consommation de conservateurs. Un travail de longue haleine qui nécessite de traduire une liste de produits consommés en exposition aux additifs, grâce notamment à l’utilisation de bases de données alimentaires comme Open Food Facts.

Parmi les 3,5 millions de produits alimentaires listés dans les bases de données mondiales, 700 000 contiennent au moins un de ces additifs, préviennent les auteurs des études. Pas facile d’y échapper donc, sachant que le risque augmente avec le niveau de consommation. Les produits industriels comme les plats préparés, viandes transformées et desserts lactés en contiennent souvent, bien que cela dépende de leur mode de préparation. Le nitrite de sodium, en particulier très utilisé en charcuterie, est reconnu cancérogène par l’Anses depuis 2022. Mais l’État français n’a toujours pas tranché sur leur interdiction, malgré le consensus scientifique et les demandes répétées des associations de défense des consommateurs et de lutte contre le cancer.

« Ces résultats [des deux études] doivent être confirmés, mais ils sont cohérents avec les données expérimentales qui suggèrent des effets néfastes de plusieurs de ces composés », explique Mathilde Touvier.

Ces études convergent également avec les nombreux travaux sur les aliments ultratransformés, caractérisés notamment par leur longue liste d’additifs, montrant qu’ils sont un facteur clé de l’augmentation des maladies chroniques à travers le monde.

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