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Chiens, oiseaux, chats... Quand les animaux copient les humains qu’ils côtoient

Les chiens apprennent des mots en écoutant nos conversations.

Certains animaux ont la faculté épatante d’imiter les humains : des chiens comprennent nos mots, des corbeaux copient notre éternuement, des chats suivent nos mouvements, et des oiseaux peuvent même parler !

[Chronique « Animaux géniaux »] On nous le serine depuis l’Antiquité : la mémoire des poissons serait courte, la cervelle des moineaux minuscule, la cruauté des ours sans pareille… Pourtant, les études scientifiques démontrant que les non-humains rivalisent d’intelligence, de sensibilité et d’ingéniosité s’accumulent. Chaque mois, Reporterre vous propose un florilège consacré à ces vivants si fascinants.



  • Les chiens apprennent des mots en écoutant nos conversations

Tout propriétaire d’un chien vous dira qu’il comprend quand on lui parle. Eh bien, il a raison, selon une étude publiée le 8 janvier dans la revue Science. La chercheuse en cognition animale Shany Dror, de l’université de Vienne (Autriche), et son équipe ont découvert que certains canidés sont capables d’apprendre de nouveaux mots simplement en écoutant une conversation entre humains, sans qu’on s’adresse à eux. Ceci tout aussi bien, voire mieux, qu’un bébé de 18 mois.

À l’origine de cette étude, les témoignages étonnants de certains maîtres et maîtresses. « Ils me racontaient par exemple que, alors qu’ils parlaient de commander une pizza, le chien était entré dans le salon avec un jouet appelé pizza », raconte ainsi Mme Dror. En poussant ses observations, la chercheuse, épaulée d’une équipe de l’université Loránd-Eötvös (Hongrie), a découvert que les chiens les plus doués peuvent effectivement apprendre le nom de nouveaux jouets à partir de paroles entendues par hasard, aussi bien que lorsqu’on s’adresse directement à eux, comme l’a montré leur capacité à rapporter ensuite les jouets correspondants.

Ces chiens sont toutefois des cas exceptionnels : Shany Dror explique qu’en sept ans, son équipe n’a identifié qu’environ 45 chiens capables de cette prouesse. Il y a de grandes chances pour que vous puissiez continuer à parler tranquillement de ballon, de promenades ou de poulet rôti à voix haute en présence de votre fidèle compagnon !

  • Un corbeau imite les éternuements de sa soigneuse

« Aaaaaaah... tchoum ! » Les éternuements sont-ils contagieux ? Il se pourrait que oui, en tout cas entre humains et corvidés. Huxley, un corbeau, a été recueilli par l’organisation Good Caws Crow Rescue à Prince George (Colombie-Britannique, Canada) alors qu’il n’était encore qu’un jeune oisillon à l’aile cassée. Peu de temps après son arrivée, il a surpris son entourage en reproduisant avec précision un son très particulier : l’éternuement bruyant de Dayna Slater.

Cette dernière, fondatrice du centre de secours, souffre d’allergies chroniques ; ses éternuements, qu’elle qualifie elle-même d’« insupportables », sont donc particulièrement familiers pour ses protégés. En plus d’éternuer et de dire son nom, le facétieux corvidé aime aussi répéter la phrase « C’est pas cool », selon Dayna Slater.

« C’est pas cool », dit le corbeau

De quoi animer le quotidien du centre de secours de ses incessants bavardages. Huxley dort à l’intérieur chaque nuit et est ramené dehors le matin. « Il sort dans son immense enclos avec son meilleur ami, un corbeau nommé Bobbi, raconte-t-elle. Il passe en revue tout son vocabulaire, de sorte que tout le quartier sait qu’il est réveillé. » Avant d’enchaîner sur une journée au programme bien rempli : prendre un bain, jouer avec des baguettes magiques et passer du temps avec Bobbi et sa soigneuse.

D’après une étude parue en octobre 2025 dans la revue Animal Cognition, des preuves de mimétisme vocal ont été observées chez 39 des 128 espèces de corvidés (30 %). « Le mimétisme vocal pourrait être plus répandu chez les corvidés qu’il n’est actuellement documenté, de nombreuses espèces étant potentiellement des “mimétiques cachés”. »

  • Les chats miaulent plus fort avec les hommes

Vous avez l’impression que votre mec ne vous écoute pas ? Vous serez réconfortée (ou pas) de découvrir qu’il a le même défaut avec votre chat. La preuve, les félins de compagnie sont obligés de monter le son de leurs miaulements pour se faire entendre de la gent masculine, selon une étude publiée dans la revue scientifique Ethology en novembre 2025.

Pour parvenir à cette conclusion, l’équipe de Yasemin Salgırlı Demirbaş, chercheuse en comportement animal à l’université d’Ankara (Turquie), a observé 31 chats filmés immédiatement après le retour de leur propriétaire, et décrit précisément leur comportement selon une grille de 22 mesures : léchage, grattage, bâillement, queue dressée, etc. En matière de miaulements, le résultat est édifiant : quels que soient la race, l’âge et le genre du chat, il vocalise plus fort lorsqu’il s’adresse à un homme plutôt qu’à une femme.

La conclusion des chercheurs est que nos compagnons à quatre pattes se seraient adaptés aux styles genrés de la communication humaine. Ainsi, les femmes seraient plus réactives et parleraient davantage à leur chat, ce qui pourrait réduire le besoin pour l’animal de « forcer » la communication vocale. Les hommes, à l’inverse, seraient moins attentifs, ce qui obligerait les félins à se manifester plus bruyamment.

  • Les chevaux sentent littéralement la peur

« La première fois que j’ai mis le pied dans une écurie, on m’a dit : “Attention, n’aie pas peur, les chevaux sentent ta peur” », raconte volontiers Léa Lansade, éthologue et directrice de recherche à l’Inrae, l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement. Ses recherches ont démontré que cette idée reçue n’en était pas une. Les chevaux sont capables de détecter l’odeur de la peur humaine et ce signal chimique influence directement leur comportement, raconte-t-elle dans une étude publiée dans Plos Biology le 14 janvier.

Son expérience repose sur un protocole original : 30 volontaires humains ont été exposés à des extraits de films d’horreur (pour susciter de l’effroi) ou de comédies (pour conserver une humeur stable, voire positive). Des tampons placés sous les aisselles ont ensuite servi à capturer leurs émotions sous forme chimique. Ces échantillons ont ensuite été présentés à 43 juments de race Welsh dans différents tests comportementaux.

Une « contagion émotionnelle » chimique

Les résultats montrent que les chevaux exposés à l’odeur de peur adoptent systématiquement des comportements de vigilance accrue. Ils interagissent moins avec les humains, sursautent plus facilement, par exemple à l’ouverture d’un parapluie, et fixent davantage les objets inconnus. Même sans humain dans la pièce, ils restent plus vigilants.

Pour Léa Lansade, il s’agit d’une « contagion émotionnelle » chimique. L’origine de ce phénomène reste toutefois mystérieuse. « On ne sait pas si c’est acquis par apprentissage après avoir vu des personnes effrayées ou si c’est un comportement inné », relève la chercheuse.

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