Cloque du pêcher : ne pas rater le moment

3 mars 2018 / Christine Laurent (Reporterre)

Les contingences de la météo ont tenu éloignés du Jardin sans pétrole ses jardiniers. Qui guettent l’arrivée brutale du printemps pour traiter au bon moment la cloque du pêcher.

Depuis l’installation de notre petite serre, nous ne sommes pas retournés au jardin, éloignés par la pluie, la neige, le gel et un week-end de plantation participative d’arbres, châtaigniers et fruitiers, à Ségur-le-Château, en Corrèze.

Le jardin reste présent dans notre esprit, avec des pensées inquiètes pour la verveine odorante, qui ne résiste pas quand les températures descendent en deçà de - 4 °C. Les nouvelles boutures que j’ai mises en terre sur le bord de ma fenêtre semblent moribondes. Ce serait miraculeux que dans quelques mois des feuilles leurs tiges cramoisies par le froid sibérien s’habillent d’un feuillage vert tendre. Pour les autres vivaces, nous découvrirons en mai celles qui auront survécu.

D’autres pensées vont au printemps. Le redoux brutal qui s’annonce va faire exploser la nature. Les bourgeons qui étaient sur le point de débourrer début février risquent de sortir précipitamment. Je ne voudrais pas, comme l’année dernière, rater le coche du traitement du pêcher à l’ail cru. Ce jeune fruitier qui a germé d’un noyau il y a quelques années souffre de la cloque. C’est d’ailleurs par les effets spectaculaires de cette maladie que nous l’avons identifié en 2015. Elle est due au champignon cryptogamique Taphrina deformans, qui reste tapi dans les bourgeons. Ses spores se propagent quand les feuilles se déploient. Ils les déforment et les font rougir, empêchant la photosynthèse d’apporter aux fruits suffisamment d’énergie pour se développer.

La permaculture : créer un monde plus économe et équitable 

En 2016, nous lui avons badigeonné le tronc et les branches d’argile à la prêle et à la bouse de vache et avons installé dans les branches des coquilles d’œuf cru. En 2017, nous avons aussi planté de l’ail autour du pied. Ce sont les trois remèdes non chimiques que nous avons trouvés. Et cela a marché, relativement, car pour réellement se débarrasser du champignon, il faut l’empêcher de disséminer ses spores et donc pulvériser de l’ail cru sur les bourgeons à peine entrouverts. J’espère bien y arriver cette année !

Les coquilles d’œuf suspendues au pêcher.

En attendant le réveil de la nature, je me suis plongée dans la lecture d’un nouveau livre sur la permaculture, publié par Grégory Derville dans la collection expert des éditions Terre vivante. Passé les chapitres incontournables sur l’intérêt et l’éthique de la permaculture, ce livre propose au lecteur de se mettre en route vers la transition écologique. Son auteur, spécialiste des politiques environnementales, qu’il enseigne à l’université de Lille est lui-même impliqué dans l’association Beauvais en transition.

La partie sur les concepts de l’écologie — système, biotope, biocénose, niche, biodiversité, succession écologique, fonction, facteur limitant, seuil d’irréversibilité ainsi que les modèles d’organisation dans la nature sont expliqués avec clarté et transposés à la réflexion permaculturelle. Cette dernière est présente tout au long de l’ouvrage et là réside l’intérêt de ce dernier. La permaculture est faite d’observations et de réflexions en vue de créer un monde plus économe et équitable. En devenant à la mode, ce terme (la « culture de la permanence ») se limite à des recettes nouvelles à appliquer à l’agriculture.




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Source : Christine Laurent pour Reporterre

Photos : © Christine Laurent/Reporterre sauf
. chapô : un bourgeon de pêcher. Pixabay (CC0)

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