Coupes rases : la forêt des Landes en haut du podium
Arbres coupés dans les Landes de Gascogne, en 2022. - © Valentino Belloni / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP
Arbres coupés dans les Landes de Gascogne, en 2022. - © Valentino Belloni / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP
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Combien d’hectares de forêts sont rasés chaque année ? C’est la question à laquelle souhaite répondre l’association de défense des forêts Canopée, avec son observatoire des coupes rases. Grâce à une analyse satellite, elle a répertorié toutes les coupes rases en France hexagonale et en Corse de mi-2018 à mi-2024. Les résultats sont présentés dans un rapport publié le 25 février.
Ainsi en moyenne, sur les six années étudiées, 61 000 hectares de forêts ont subi ce traitement radical chaque année. Le but était de « voir la dynamique année après année, d’identifier les territoires où se concentrent les coupes rases et de déterminer si elles sont faites dans des zones à fort enjeu écologique », dit Céline Lesot, coautrice du rapport.
La première analyse des chiffres obtenus par Canopée peut ressembler à une bonne nouvelle : la surface de coupes rases effectuées chaque année est en diminution.
Cependant, Canopée rechigne à se féliciter de cette baisse. « Notre analyse commence pendant le pic de la crise des scolytes [de petits coléoptères qui creusent des galeries dans le bois], qui a nécessité parfois des coupes rases de grande superficie, explique Céline Lesot. Donc il est possible que la baisse soit juste un retour à un niveau d’avant crise. »
Les Landes de Gascogne en haut du podium
Par ailleurs, les coupes rases se concentrent dans certains territoires. « Les régions Nouvelle-Aquitaine, Bourgogne-Franche-Comté et Grand Est concentrent environ 60 % des coupes rases entre mi-2018 et mi-2024 », indique le rapport. Plus précisément, les Landes de Gascogne détiennent le triste trophée du taux de coupes rases le plus élevé sur la période étudiée, à 9 % (surface de coupes rases/surface de forêts). Le Limousin et le Périgord, avec un taux de 7 % dans la zone la plus touchée, suivent sur le podium. Puis la région de l’Argonne dans le centre-est, touchée par les scolytes, obtient la troisième place avec 6 % de coupes rases.
Le rapport note aussi une « accumulation de coupes rases de petite taille en forêt privée ». Leurs effets se cumulent. « Cela finit par former un grand ensemble équivalent à une grande coupe rase », dit Céline Lesot.
Les coupes rases tassent et dégradent les sols, aggravent l’érosion, et déstockent du carbone. Le rapport rappelle que la perte de biodiversité suivant une coupe rase peut se ressentir sur plusieurs décennies.
En plus, Canopée a repéré que les coupes rases pouvaient avoir lieu dans de vieilles forêts (plus riches en biodiversité), en zone Natura 2000, en bord de cours d’eau, etc. 25 % des coupes rases ont lieu dans des parcs naturels régionaux.
Face à une telle situation, il faut revoir la réglementation, plaide Canopée. Pour protéger les zones à enjeu écologique, et éviter l’accumulation de petites coupes rases proches les unes des autres sur un même territoire. Et pour continuer le suivi, l’observatoire des coupes rases sera mis à jour chaque année.