123
Média indépendant à but non lucratif, en accès libre, sans pub, financé par les dons de ses lectrices et lecteurs

En brefForêts

Les forêts françaises stockent moins de CO2 à cause de mauvais choix politiques

D’après Canopée, entre 2013 et 2021, le puits de carbone forestier français a chuté de moitié.

Face aux fortes chaleurs, l’arbre est notre ultime allié mais nous le malmenons. Cette alerte, lancée par notre journaliste Gaspard d’Allens, est confirmée par Canopée. Dans un rapport paru le 29 juin, l’ONG s’inquiète de la dégradation continue du puits de carbone forestier, à cause de mauvais choix politiques.

Pour rappel, les forêts sont essentielles à la lutte contre le chaos climatique, car elles absorbent du CO2. Sans elles, impossible d’atteindre nos objectifs de neutralité carbone et d’enrayer le réchauffement en cours. Or les forêts françaises stockent de moins en moins de gaz à effet de serre.

D’après Canopée, entre 2013 et 2021, le puits de carbone forestier français a ainsi chuté de moitié. En cause : une mortalité accrue des arbres en lien avec le dérèglement climatique et les ravageurs, un ralentissement de la croissance des bois dû aux sécheresses, mais aussi une hausse des prélèvements — notamment pour le chauffage au bois.

Lire aussi : Monocultures et coupes rases : la forêt des Landes, un modèle à bout de souffle

Pour Canopée, si on ne peut pas agir à court terme sur les effets du chaos climatique, on peut réduire les prélèvements. « Cela implique de réorienter les aides publiques d’un soutien massif au bois énergie vers une sylviculture plus respectueuse des écosystèmes », indique l’ONG dans son rapport.

Or le projet de Stratégie nationale bas carbone 3 — la feuille de route de la France pour réduire ses émissions — prévoit au contraire une augmentation de la récolte en forêt de 53 Mm3/ an à 60 Mm3/an en 2030. Avec une conséquence très concrète : « La France n’atteindra pas son objectif de puits de carbone en 2030, fixé par l’Union européenne », écrit Canopée.

De nombreuses alternatives à la sylviculture industrielle existent déjà : reste à les soutenir et à les déployer.

legende