Délits environnementaux : les ONG auront moins de temps pour s’y opposer
Le texte concerne entre autres les ouvrages hydrauliques agricoles, comme les mégabassines. - Facebook/Bassines non merci
Le texte concerne entre autres les ouvrages hydrauliques agricoles, comme les mégabassines. - Facebook/Bassines non merci
Durée de lecture : 1 minute
Le Conseil d’État a validé le 5 novembre le décret du 10 mai 2024 réduisant le délai de recours dans les contentieux environnementaux, répondant ainsi à la fronde agricole du début 2024, a rapporté Actu-Environnement le 12 novembre.
Le texte, applicable aux décisions administratives prises depuis le 1er septembre 2024, concerne les ouvrages hydrauliques agricoles, les installations classées d’élevage et les autorisations environnementales. Il réduit le délai de recours à 2 mois au lieu de 4, impose une notification des recours (c’est-à-dire que la personne ou l’organisation qui conteste doit obligatoirement informer l’administration et la personne bénéficiaire), institue la cristallisation des moyens (qui limite la présentation de nouveaux moyens à deux mois après le premier mémoire) et supprime le double degré de juridiction (tribunal administratif puis cour administrative) pour certains projets agricoles. Selon le Conseil d’État, le décret garantit « une bonne administration de la justice ».
L’ONG Notre affaire à tous s’était opposée à ce décret, au motif qu’il « diminue les possibilités d’opposition de la part des associations environnementales ou des riverains concernés ». Le nouveau délai de deux mois a été jugé « particulièrement court au vu du temps nécessaire pour identifier l’acte attaquable et mandater un cabinet d’avocats » par le cabinet Hélios Avocats, qui rappelle que « jusqu’en 2017, ce délai contentieux était d’un an ». Le cabinet évoque un « affaiblissement du droit de l’environnement ».