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Quotidien

Culottes menstruelles, cups... Des PFAS contaminent les protections hygiéniques

Près de 30 % des produits testés contiennent des PFAS « à des niveaux compatibles avec une utilisation intentionnelle » par les fabricants.

Une étude met au jour la présence de PFAS dans des protections menstruelles réutilisables, comme les culottes menstruelles. Pour ses auteurs, il est « crucial » que la réglementation vis-à-vis de ces polluants éternels évolue.

Les personnes menstruées auront-elles un jour le luxe de bénéficier de protections menstruelles non nocives pour leur santé ? Si l’on savait déjà que les tampons et serviettes hygiéniques jetables contenaient des substances toxiques, une étude publiée le 22 juillet dans la revue scientifique Environmental Science & Technology Letters montre pour la première fois que les protections réutilisables — comme les culottes menstruelles et les cups — ne sont pas épargnées par le problème.

La présence de PFAS « à des niveaux compatibles avec une utilisation intentionnelle » par les fabricants a en effet été détectée dans près de 30 % des 59 produits testés par des chercheuses et chercheurs de la Paul H. O’Neill-School of Public and Environmental Affairs et de l’université de Notre Dame (États-Unis). Ces substances sont prisées par les industriels pour leurs propriétés imperméabilisantes et antitaches.

Lire aussi : Tampons, serviettes : les manipulations d’une industrie toxique

Les produits en question sont vendus majoritairement en Amérique du Nord, mais proviennent aussi d’Amérique du Sud et d’Europe : des culottes menstruelles — la catégorie testée avec la plus forte concentration de PFAS d’après l’étude — des cup menstruelles, des serviettes hygiéniques réutilisables et des sous-vêtements et serviettes hygiéniques réutilisables pour les personnes atteintes d’incontinence.

Manque de transparence

Surnommés « polluants éternels » en raison de leur caractère très persistant dans l’environnement, les PFAS (substances per- et polyfluoroalkylées) présentent des risques pour la planète, mais aussi pour la santé humaine : cancers, augmentation du taux de cholestérol, effets sur la fertilité, les reins, le foie… Rejetés dans l’air, les eaux, le sol, donc dans nos aliments, ils pourraient aussi être directement absorbés par la peau d’après quelques travaux récents (mais parcellaires) cités par l’étude.

Ainsi, à l’heure où les protections menstruelles réutilisables « sont de plus en plus utilisées pour des raisons écologiques » et financières — en France, 53 % des personnes menstruées utilisent des culottes menstruelles en 2025 selon l’Ifop, contre 36 % en 2023 —, l’étude estime « crucial » que les entreprises soient plus « transparentes » sur les matériaux utilisés dans leurs produits. Et, évidemment, qu’elles s’attellent à fournir des protections hygiéniques plus sûres pour les personnes les portant, mais aussi pour l’environnement, les culottes menstruelles et cups devant en général être jetées au bout de quelques années.

« L’utilisation de PFAS n’est pas nécessaire pour tous ces produits »

Les auteurs et autrices notent par ailleurs qu’il est tout à fait possible de ne pas ajouter de PFAS pour fabriquer des protections menstruelles : 71,2 % des produits étudiés par leurs soins ne comportent pas de PFAS ajoutés intentionnellement, toutes les catégories de produits (culottes menstruelles, cups menstruelles...) étant représentées dans cet échantillon. « Cela indique que l’utilisation des PFAS n’est pas nécessaire pour les [protections menstruelles] », écrivent-ils et elles.

Aux États-Unis — où un procès a mis au jour en 2023 la présence de PFAS dans les culottes menstruelles de la marque Thinx —, certains États ont déjà interdit leur utilisation intentionnelle dans les produits menstruels, souligne l’étude. En France, la loi de février 2025 prévoyant l’interdiction progressive dès le 1er janvier 2026 de certains produits contenant ces polluants éternels, n’inclut pas les protections hygiéniques.

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