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Transports

Des activistes repeignent un avion en vert à l’aéroport de Roissy

Neuf activistes de l’ONG Greenpeace France se sont introduits au sein de l’aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle (Val-d’Oise), ce vendredi 5 mars, pour « dénoncer le greenwashing [écoblanchiment en français] du gouvernement et le manque d’ambition du projet de loi Climat et résilience » sur le volet aérien.

Les militants ont escaladé un avion de la compagnie Air France, stationné au sol, pour repeindre en vert une partie de l’appareil. Ils voulaient faire un « écho à la communication » de Jean-Baptiste Djebbari, ministre des Transports, qui évoque régulièrement le concept d’« avion vert » et de « verdissement de l’aérien » pour rendre le secteur compatible avec la crise climatique.

« L’avion “vert” n’est rien de plus qu’une fiction pour le moment, a commenté Sarah Fayolle, chargée de campagne Transports chez Greenpeace France, dans un communiqué de presse. Quelle que soit l’option technologique envisagée, notamment l’avion à hydrogène, des questions techniques primordiales restent en suspens et certaines options peuvent même représenter un risque supplémentaire pour le climat. »

Greenpeace France accuse le gouvernement et les responsables du secteur de ne pas remettre en question le modèle de développement de l’aérien, « basé sur une croissance du trafic sans limite et intenable pour le climat, et sans anticiper les conséquences sociales liées à la nécessaire transformation du secteur avec et pour les salariés ».

Déjà, depuis la crise sanitaire et économique due à la pandémie de Covid-19, les industries du secteur aérien et aéronautique ne cessent d’annoncer des plans de départs volontaires et des suppressions de postes.

Un secteur polluant incompatible avec les objectifs de l’Accord de Paris

D’après le cabinet BL Evolution, le secteur aérien serait responsable de 7,3 % de l’empreinte carbone de la France. Incompatible, donc, avec un objectif de limiter le réchauffement climatique à 1,5°C, conformément à l’Accord de Paris sur le climat.

La réduction du trafic aérien apparaît dans le projet de loi Climat (censé reprendre les propositions de la Convention citoyenne pour le climat, il sera examiné la semaine prochaine à l’Assemblée nationale) mais Greenpeace dénonce « un manque d’ambition » :

Concernant l’interdiction des extensions d’aéroports, inévitable pour empêcher de nouvelles augmentations du trafic aérien, le projet actuel de la loi n’inquiéterait aucun des dix plus grands projets actuellement prévus en France.

Autre sujet de fierté pour le gouvernement : l’interdiction des vols courts lorsqu’une alternative en train de moins de 2h30 existe. (…) Cette mesure ne concernera au mieux que cinq lignes sur la centaine de connexions aériennes intérieures existantes (hors Corse et Outre-Mer) et présentera un bénéfice climat très limité.

En réponse à un tweet de Greenpeace annonçant « Quelque chose se prépare ici », le ministre des Transports, a seulement répondu « Des poursuites pénales ? ».

« Doit-on rappeler à Jean-Baptiste Djebbari qu’en février, le tribunal administratif a jugé que l’État était dans l’illégalité en ne respectant pas ses engagements de réduction d’émissions de gaz à effet de serre ?, a répliqué Greenpeace dans un troisième tweet. Notre action est légitime. »

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