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Photographe dans les Vosges ©Mathieu Génon/Reporterre

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Des riziculteurs de Camargue veulent pouvoir tirer sur les flamants roses

Il est l’emblème de la Camargue. Mais le flamant rose causerait des dégâts de plus en plus importants dans les rizières. Certains riziculteurs demandent une indemnisation. D’autres remettent en cause le statut d’oiseau protégé et demandent des autorisations de tirs.


Sur les vint mille hectares de rizières camarguaises, deux cents seraient endommagés par les flamants roses. Le phénomène se produit au printemps, lorsque les échassiers fouillent les marais à la recherche de nourriture, enfouissant ainsi les semences de riz qui ne germeront pas.

Ces dégâts sont récurrents, mais ils prennent aujourd’hui plus d’ampleur car la population de flamants roses augmente dans la Camargue gardoise. A tel point que les riziculteurs envisagent aujourd’hui de demander à l’État de prévoir un fonds d’indemnisation spécifique.

À défaut, certains producteurs ne seraient pas opposés à des autorisations de tirs comme cela peut être accordé pour les cormorans. Une proposition inacceptable pour les défenseurs de la nature qui s’efforcent, depuis des années, d’accueillir et de préserver les flamants roses.

Les flamants roses ont fui les Bouches-du-Rhône pour la Camargue gardoise

Ils avaient l’habitude de nidifier du côté des Salins-de-Giraud. Cette année, les flamants roses se sont repliés en masse autour des Salins du Midi, à Aigues-Mortes. Ainsi, quelques 10 000 échassiers sont venus s’y reproduire.

Une concentration qui a fait la joie des saliniers qui s’évertuent à fidéliser les flamants roses dans cette zone en leur aménageant un périmètre à l’abri des prédateurs.
Reste que cet afflux de flamants roses attise la grogne chez les riziculteurs déjà préoccupés par les fluctuations de la PAC (Politique agricole commune) qui fragilisent le secteur.

- Flamants roses dans l’étang de Vaccarès en Camargue (Bouches-du-Rhône) -

Une histoire de désamour ancienne

Le combat des riziculteurs contre les dégâts provoqués par les flamants roses n’est pas nouveau. Dans les années 90, la profession avait même saisi le tribunal administratif pour solliciter des indemnisations. À l’époque, le Conseil d’Etat avait fini par accorder réparation à deux riziculteurs. Motif invoqué : en considérant que le flamant rose était une espèce protégée, l’Etat devait rembourser les dégâts.

Aujourd’hui, la facture serait plus salée. D’autres producteurs, victimes de l’oiseau, se sont engouffrés dans la voie de l’indemnisation. Mais sans succès. Et les riziculteurs dénoncent la différence de traitement face aux déprédations des animaux protégés. L’éleveur spolié par un loup serait mieux pris en compte que le riziculteur appauvri par les flamants roses.

Reste que la demande de certains de pouvoir tirer sur les flamants roses pour en réduire la population apparaît aujourd’hui totalement contradictoire avec tous les efforts du Parc naturel régional de Camargue pour fidéliser l’oiseau longtemps jugé fragile et imprévisible sur ses zones de nidifications.

Une demande certes outrancière, mais qui a le mérite d’alerter les pouvoirs publics sur la nécessité de prendre en compte les dégâts subis par les riziculteurs.

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