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En bref — Transports

En Gironde, victoire inachevée contre l’aéroport pour jets d’ultrariches

Une victoire avec sursis. Tel est le sentiment des militants après l’annonce de l’abandon du projet d’extension de l’aérodrome d’Artigues-de-Lussac (Gironde). Ils étaient une centaine, jeudi 16 décembre, à réaffirmer leur opposition à ce projet d’extension. Car le diable se niche dans les détails.

Mardi 14 décembre, Philippe Buisson, le directeur de la communauté d’agglomération du libournais (Cali), avait déclaré dans Sud Ouest « renoncer à l’extension de la piste et aux aménagements qui auraient permis de développer l’aviation d’affaires » dans ce petit aérodrome situé à quinze minutes du vignoble de Saint-Émilion.

En examinant les documents de création du syndicat, qui doit racheter l’aérodrome, les militants ont toutefois réalisé que les statuts n’abandonnaient pas totalement l’idée d’extension. « L’objet de ce syndicat reste le développement du tourisme et du transport aérien sur le territoire, explique à Reporterre Manon Rivière, membre du collectif citoyen Stop aux jets privés. Même si dans leurs discours, les élus ont bien affirmé qu’il n’y aurait pas d’extension, nous allons rester vigilants. Les statuts de ce syndicat ne sont pas en cohérence avec ce qui a été déclaré. »

Le 16 décembre, les membres du collectif Stop aux jets privés se sont réunis pour réaffirmer leur opposition au projet d’extension de l’aérodrome. © Stop aux jets privés

La Cali et le Grand Saint-Émilionnais souhaitent développer l’aviation d’affaires et aménager cet aérodrome pour accueillir jusqu’à 500 jets privés par an. Leur but : développer un secteur économique avec une filière aéronautique, mais aussi faire plaisir au grand laboratoire pharmaceutique Ceva Santé animale, resté dans la région suite à la promesse du maintien de l’aérodrome. Une raison suffisante pour dépenser quelque 6 millions d’euros d’argent public dans une infrastructure qui ne sera utilisée que par des ultrariches ?

« Ce territoire concentre les plus grosses fortunes de France et une précarité incroyable de gens qui travaillent dans les vignes », précise Manon Rivière. Le collectif exige ainsi que les statuts du syndicat soient modifiés pour intégrer les enjeux environnementaux, afin d’éviter la hausse de trafic ou le changement de catégorie de l’aérodrome.

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