2024, une année de défis politiques et climatiques sans précédent
Place de la République à Paris, le 8 juillet 2024, après les résultats des élections législatives. - © Adnan Farzat / NurPhoto / NurPhoto via AFP
Place de la République à Paris, le 8 juillet 2024, après les résultats des élections législatives. - © Adnan Farzat / NurPhoto / NurPhoto via AFP
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Dissolution de l’Assemblée nationale, manifestations agricoles, inondations, guerre à Gaza... Reporterre vous fait revivre l’année 2024 en images.
Janvier
À peine l’année commencée, plusieurs villages du Pas-de-Calais ont subi de fortes inondations. Des fleuves et leurs affluents ont débordé de leur lit les 2 et 3 janvier. Pour la troisième fois en moins de deux mois.
La fréquence de ces fortes précipitations dans le département augmente. Une des multiples conséquences du changement climatique. Des habitants qui en ont les moyens commencent à déserter la région. D’autres sont condamnés à rester et à apprendre à vivre avec.
Février
Janvier et février ont été marqués par des mobilisations d’agriculteurs. Ils dénonçaient notamment les « normes environnementales ». Pour apaiser la colère, le gouvernement a reporté le projet de loi d’orientation agricole et mis en « pause » le plan Écophyto, visant à réduire l’usage des pesticides. Un recul dénoncé par les associations écologistes. Le 24 février, au Salon de l’agriculture, les agriculteurs ont chahuté Emmanuel Macron.
Mars
Le thermomètre s’est affolé au Brésil : 62,3 °C ont été ressentis à Rio de Janeiro le 17 mars. La température réelle était de 42 °C. Une situation due aux effets du réchauffement climatique et du phénomène El Niño.
Les habitants ne sont pas tous égaux face à la chaleur extrême : dans les favelas, la situation est de plus en plus difficile à supporter.
Avril
Des champs retournés, des arbres déracinés, une terre contaminée au phosphore blanc : à Gaza, l’environnement est la victime silencieuse de la guerre.
En avril, Reporterre racontait ces voix qui s’élèvent pour dénoncer la destruction de l’environnement et de la production alimentaire à Gaza, par l’armée israélienne, depuis le 7 octobre 2023.
Mai
Des affrontements ont débuté en Nouvelle-Calédonie le 13 mai, en raison d’une réforme de la Constitution. Actuellement, seules les personnes inscrites avant 1998 (et leurs descendants) peuvent voter. La réforme proposait d’ouvrir ce droit aux résidents depuis au moins dix ans. Les indépendantistes du peuple autochtone kanak estimaient que cela réduirait leur poids électoral.
L’état d’urgence a été déclaré par Emmanuel Macron et l’armée a été déployée. Au total, quatorze personnes sont mortes, en majorité des jeunes Kanaks. La réforme a finalement été abandonnée en octobre.
Juin
Le 9 juin, le RN de Jordan Bardella est sorti vainqueur des élections européennes avec 31,3 % des voix.
Dans la foulée, Macron a prononcé la dissolution de l’Assemblée nationale, à la stupeur générale.
Le 13 juin, les partis de gauche ont créé le Nouveau Front populaire.
Une union qui a suscité l’enthousiasme des électeurs de gauche, très mobilisés.
Juillet
Contre toute attente, c’est la coalition du Nouveau Front populaire qui est arrivée en tête du second tour des élections législatives, le 7 juillet. Elle a obtenu 192 sièges à l’Assemblée nationale. Le bloc présidentiel en a gagné 163, et l’extrême droite 140. Aucun parti ou coalition n’a obtenu de majorité absolue.
Août
L’été a été sportif ! Les Jeux olympiques se sont tenus en France du 26 juillet au 11 août, puis les Jeux paralympiques ont pris le relais du 28 août au 8 septembre.
Si l’événement s’est déroulé comme prévu et a séduit de nombreux Français, cela s’est fait au prix de déplacements forcés de personnes exilées et sans-abri.
Des collectifs luttaient depuis des mois pour dénoncer la surveillance généralisée provoquée par les JO, et leurs dégâts sur l’environnement.
Septembre
En septembre, la situation s’est tendue sur la zad contre l’A69. Les gendarmes ont provoqué la chute de trois militants, qui sont tombés de plus de 7 mètres. Ces opposants au projet d’autoroute A69 étaient retranchés dans des arbres pour empêcher leur abattage.
Un mois plus tard, le 7 octobre, la gendarmerie a expulsé les derniers activistes de la zad du Verger, l’ultime bastion de résistance sur le chantier de l’A69.
Pendant ce temps, et malgré des recours juridiques, le chantier continue.
Octobre
Des rues transformées en torrents de boue, des habitants « pris au piège » et « effrayés » : dans le sud-est de l’Espagne, dans la région de Valence, les inondations meurtrières survenues le 29 octobre ont semé le chaos, mettant à rude épreuve les services de secours, sollicités de toutes parts.
Elles ont causé la mort d’au moins 224 personnes. La violence de cette catastrophe est un reflet du changement climatique, et la conséquence d’un étalement urbain qui n’a pas pris l’eau en compte.
Novembre
Donald Trump aété élu pour la seconde fois président des États-Unis, le 5 novembre. Une journée noire pour le climat.
Le milliardaire climatosceptique est un fervent défenseur des énergies fossiles. Son retour laisse présager le pire pour les accords internationaux. En 2017, il avait retiré les États-Unis de l’Accord de Paris ; une décision annulée par Joe Biden. Trump promet toutefois de récidiver.
Décembre
Mayotte, le plus pauvre des départements français, est en ruines après le passage du cyclone Chido le 14 décembre. L’archipel de l’océan Indien est méconnaissable. Le bilan provisoire ne cesse de grimper.
Les habitations ont été éventrées, les toits arrachés, les fenêtres brisées. La catastrophe est d’autant plus dramatique que 77 % de la population vit sous le seuil de pauvreté. Une personne sur trois résidait dans une habitation précaire faite de tôle – des bidonvilles désormais réduits à des amas de métal tordu et déformé.