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Politique

Joe Biden signe le retour des États-Unis dans l’Accord de Paris

Joe Biden est officiellement devenu le 46e président des États-Unis, mercredi 20 janvier 2021, lors de sa cérémonie d’investiture à Washington. Quelques heures seulement après avoir prêté serment, il a signé ses premiers décrets, et notamment le retour du pays dans l’Accord de Paris sur le climat. « Nous allons combattre le changement climatique comme nous ne l’avons jamais fait jusqu’ici », a-t-il déclaré. « Welcome back ! [bon retour !] », a tweeté le président de la République Emmanuel Macron.

Adopté en décembre 2015, cet accord avait été signé par 197 pays - il a depuis été ratifié par 183 d’entre eux. Il vise à contenir l’élévation de la température moyenne de la planète « nettement en-dessous de 2°C par rapport aux niveaux préindustriels ». Il est entré en vigueur en novembre 2016.

En juin 2017, Donald Trump, alors président des États-Unis, avait annoncé le retrait de son pays de l’Accord de Paris. Cette décision n’a réellement pris effet que le 4 novembre 2020, soit le lendemain de l’élection présidentielle et de la victoire de Joe Biden. C’est le seul pays à avoir quitté l’accord.

Que signifie le retour des États-Unis dans l’accord ?

En 2015, les États-Unis (présidés à l’époque par Barack Obama) s’étaient engagés à réduire de plus de 25 % leurs émissions de gaz à effet de serre (GES) sur leur territoire d’ici 2025. Tous les États doivent communiquer des objectifs de réduction des émissions de GES, indiqués dans une contribution nationale remise à la Convention-cadre des Nations Unis sur le changement climatique (CCNUCC). Cette contribution nationale reste non contraignante.

Le retour des États-Unis dans l’accord devrait être effectif dès la fin du mois de février, un mois après l’entrée en poste du président démocrate. Joe Biden et son équipe vont devoir élaborer une contribution nationale à la réduction des GES ambitieuse et équitable, avant la COP26 (en novembre 2021, en Écosse), qui soit compatible avec les objectifs de l’accord.

Concrètement, qu’est-ce que cela change ? Tout d’abord, le retour des États-Unis permettra à l’accord de Paris de retrouver son caractère universel, et pourrait inciter des pays à revoir à la hausse leurs ambitions avant la COP26.

En partant, Washington avait perturbé les négociations climatiques à l’ONU, « par exemple, sur les financements apportés au Fonds vert », expliquait à Reporterre, en novembre 2020, Lucile Dufour, responsable des politiques internationales au Réseau action climat. Ce fonds permet aux pays les plus vulnérables de recevoir des aides des pays les plus développés pour l’atténuation ou l’adaptation au changement climatique.

Annulation du permis de construire du pipeline Keystone XL

Le nouveau président a également demandé aux agences fédérales de commencer à étudier et rétablir plus de 100 régulations environnementales qui avaient été affaiblies ou détricotées par son prédécesseur, Donald Trump.

Enfin, Joe Biden a aussi annulé le permis de construction du pipeline [oléoduc] Keystone XL. Ce projet controversé - rejeté par Barack Obama durant son mandat, puis approuvé par Donald Trump - aurait permis le transport de 830.000 barils de pétroles extraits des sables bitumineux de l’Alberta (une province du Canada). « Nous saluons l’engagement du président à lutter contre les changements climatiques, mais nous sommes déçus par sa décision à l’égard du projet Keystone XL », a déclaré le Premier ministre canadien Justin Trudeau dans un bref communiqué.

Des milliards de dollars pour la transition écologique

Les écologistes américains seront attentifs aux prochains décrets du nouveau président. Pendant la campagne présidentielle, Joe Biden avait annoncé qu’il voulait investir 2.000 milliards de dollars sur quatre ans dans une « relance verte ». L’ancien sénateur du Delaware veut « une électricité 100 % décarbonée » d’ici 2035, en encourageant l’installation de panneaux solaires et d’éoliennes. Il souhaite aussi financer la rénovation énergétique de six millions de bâtiments notamment dans les quartiers défavorisés, ainsi que la construction de plus d’un million de bâtiments efficients énergétiquement.

En outre, l’ancien vice-président de Barack Obama a affirmé qu’il voulait interdire la fracturation hydraulique (technique utilisée pour extraire le gaz de schiste), mais uniquement sur les terres publiques.

  • Source : Reporterre
  • Photo : Wikipedia (Creatives Commons/Gage Skidmore from Peoria, AZ, United States of America)

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