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En brefPesticides

L’air français contient de nombreux pesticides, dont certains bannis depuis des années

Les vignes font partie des cultures autour desquelles la concentration de pesticides dans l'air est particulièrement forte.

Des pesticides sont présents dans l’air sur l’ensemble du territoire français, d’après les données d’Atmo France. La structure, qui fédère les associations agréées de surveillance de la qualité de l’air, a lancé une carte interactive lundi 30 mars 2026 pour rendre accessible les mesures de pesticides respirés par la population.

« On observe des pesticides dans l’air sur tout le territoire avec des niveaux variables selon les sites et les périodes d’usage », dit Charlotte Lepitre, déléguée générale adjointe d’Atmo France. En 2023, parmi les 72 substances actives recherchées, une sur huit a été quantifiée et environ un tiers a été détecté — ce qui signifie que leur concentration est trop faible pour en déterminer la quantité.

Dans les substances avec les concentrations les plus importantes, on retrouve le prosulfocarbe et le S-metolachlor, un herbicide dont l’usage a été en grande partie interdit. Le lindane, banni depuis plus de 20 ans, a été quantifié dans 61 % des prélèvements. Des traces de glyphosate sont également détectées. En Outre-mer, la deltaméthrine, un insecticide, fait partie des pesticides les plus retrouvés.

Ayant une durée de vie très longue, certaines substances sont stockées dans les sols puis vont être mise en suspension dans l’air lorsque les agriculteurs retournent la terre. Avec le vent, elles peuvent se déplacer sur plusieurs kilomètres.

« On voit directement la corrélation entre la pratique agricole et la présence de pesticides dans l’air »

Les données se basent sur des mesures effectuées en 2022 et 2023 sur dix-huit sites de surveillance représentatifs d’une variété de cultures. « On voit directement la corrélation entre la pratique agricole et la présence de pesticides dans l’air », dit Charlotte Lepitre.

Les concentrations sont particulièrement hautes autour des types de cultures les plus traités, notamment les vignes et les grandes cultures comme le maïs, le soja, le colza et le blé. « Certains sites nous inquiètent particulièrement parce qu’on observe des hausses de la concentration depuis les années 2015, par exemple autour de Poitiers et de Reims », détaille la responsable d’Atmo.

Même si les effets néfastes des pesticides sur la santé sont documentés, il n’existe pas de valeurs réglementaires pour leur présence dans l’air. « On ne peut donc pas dire quand c’est dangereux ou non », regrette Charlotte Lepitre, qui rappelle qu’Atmo soutient fortement la recherche sur la détermination de valeurs toxicologiques de référence.

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