L’alarme lancée par Michel Serres : « Nous allons désormais à une catastrophe dont notre histoire ne nous donne aucun exemple »

Durée de lecture : 1 minute

3 juin 2019

Le philosophe français et auteur de nombreux ouvrages, Michel Serres, est décédé. Âgé de 88 ans, il intervenait régulièrement dans des émissions télévisées en France. Depuis 1990, il était membre de l’Académie française.

Michel Serres avait marqué la pensée écologiste avec son livre Le Contrat naturel, qui introduisait l’idée d’un changement des relations entre l’humanité et la nature. Elle ne devait plus, selon lui, être étrangère à l’activité humaine, et pouvait devenir une personnalité juridique. Une idée prémonitoire.

Son livre a été ré-édité en 2018. Dans la préface à cette nouvelle édition, Michel Serres, un homme optimiste, ne cachait pourtant pas son pessimisme au vu des trente ans qui s’étaient écoulés depuis la première parution de son ouvrage majeur : « Je suis certain que nous allons désormais à une catastrophe dont notre histoire ne nous donne aucun exemple », écrivait-il, « si nous ne changeons pas au plus vite nos coutumes, notre économie et nos politiques ».

Et plus loin : « Des avaries imparables suscitent à bord l’alarme finale : ’Tous aux postes d’évacuation !’ Même si, pour les Terriens, dénués de tout canot de sauvetage, elle sonne absurde, elle couvre de sa rumeur l’humble voix franciscaine [par référence à Saint François d’Assise] de mon commencement. Or, hélas, les puissants de la planète n’écoutent, pour le moment, ni l’une, dramatique et irréalisable, ni l’autre, bienheureuse et salvatrice. »


Puisque vous êtes ici…

… nous avons une faveur à vous demander. La crise écologique ne bénéficie pas d’une couverture médiatique à la hauteur de son ampleur, de sa gravité, et de son urgence. Reporterre s’est donné pour mission d’informer et d’alerter sur cet enjeu qui conditionne, selon nous, tous les autres enjeux au XXIe siècle. Pour cela, le journal produit chaque jour, grâce à une équipe de journalistes professionnels, des articles, des reportages et des enquêtes en lien avec la crise environnementale et sociale. Contrairement à de nombreux médias, Reporterre est totalement indépendant : géré par une association à but non lucratif, le journal n’a ni propriétaire ni actionnaire. Personne ne nous dicte ce que nous devons publier, et nous sommes insensibles aux pressions. Reporterre ne diffuse aucune publicité ; ainsi, nous n’avons pas à plaire à des annonceurs et nous n’incitons pas nos lecteurs à la surconsommation. Cela nous permet d’être totalement libres de nos choix éditoriaux. Tous les articles du journal sont en libre accès, car nous considérons que l’information doit être accessible à tous, sans condition de ressources. Tout cela, nous le faisons car nous pensons qu’une information fiable et transparente sur la crise environnementale et sociale est une partie de la solution.

Vous comprenez donc sans doute pourquoi nous sollicitons votre soutien. Il n’y a jamais eu autant de monde à lire Reporterre, et de plus en plus de lecteurs soutiennent le journal, mais nos revenus ne sont toutefois pas assurés. Si toutes les personnes qui lisent et apprécient nos articles contribuent financièrement, la vie du journal sera pérennisée. Même pour 1 €, vous pouvez soutenir Reporterre — et cela ne prend qu’une minute. Merci.

Soutenir Reporterre

- Photo : Michel Serres à la librairie Dialogues à Brest (Finistère) /Wikimedias Commons.

THEMATIQUE    Culture et idées
21 octobre 2019
Face à l’acharnement judiciaire, le Comité Adama tisse des liens avec d’autres luttes
Info
27 août 2019
Au Camp Climat, plus de militants et plus déterminés
Reportage
21 octobre 2019
Le mouvement pour le climat Alternatiba veut peser sur les municipales
Reportage


Sur les mêmes thèmes       Culture et idées