LPO, Nous toutes, Extinction Rebellion... tous unis contre les pesticides
La manifestation contre les pesticides a réuni 2 000 personnes à Paris samedi 5 avril à Paris, selon ses organisateurs. - © NnoMan Cadoret / Reporterre
La manifestation contre les pesticides a réuni 2 000 personnes à Paris samedi 5 avril à Paris, selon ses organisateurs. - © NnoMan Cadoret / Reporterre
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Des dizaines d’organisations ont appelé à manifester à Paris, samedi 5 avril. En marchant vers le ministère de la Santé, 2 000 personnes ont dénoncé les ravages des pesticides. Retour, en images, sur ce « printemps bruyant ».
Paris, reportage
Ils sont venus marcher pour dénoncer les ravages des pesticides et appeler à « un printemps bruyant » : environ 2 000 manifestants (1 400 selon la police) de différentes associations écologistes et de protection de l’environnement se sont rassemblés samedi 5 avril à Paris. Il était environ 14 h 30 quand le cortège s’est élancé du Muséum national d’histoire naturelle pour rejoindre la place de Breteuil, à quelques centaines de mètres de l’objectif initial : le ministère de la Santé.
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C’est sous un grand soleil et un ciel bleu que les cortèges progressaient, entre les slogans et des chants d’oiseaux, amplifiés par plusieurs enceintes portatives. Des activistes d’Extinction Rebellion ou des Soulèvements de la Terre aux associations plus installées comme la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) ou Greenpeace, toutes et tous s’accordent sur l’importance de l’arrêt des pesticides.
Le cortège s’élance. La bannière « Les pesticides tuent », sans logo d’organisation, ouvre la marche en direction du ministère de la Santé.
Environ 2 000 manifestants et plusieurs organisations de protection de l’environnement ont répondu à l’appel lancé par Extinction Rebellion et les Scientifiques en rébellion.
Le Collectif des ouvrier-es agricoles empoisonné-es par les pesticides était présent dans la marche pour dénoncer l’utilisation du chlordécone en Guadeloupe et en Martinique. « L’État français refuse de reconnaître les victimes. L’utilisation du chlordécone empoisonne nos terres et nos corps pour 700 ans. C’est inadmissible que les planteurs de bananes puissent finir d’écouler leurs stocks alors que nous connaissons les conséquences sur notre santé », dénoncent-ils.
Pour les membres de l’Alliance santé planétaire, il faut se battre contre les pesticides qui empoissonnent les terres et les eaux et qui terminent dans l’alimentation, donc dans nos corps. Marie, soignante et membre de l’Alliance, considère qu’on ne peut pas penser la santé des individus sans penser à la santé de notre écosystème : « On soigne des maladies évitables. Notre rôle, c’est de mobiliser et soigner la société. Se mobiliser, c’est un acte de santé publique. »
Des membres de l’organisation féministe Nous toutes sont présentes dans le cortège : « On est très concernées en tant que femmes, car la pollution a des impacts sur la santé des femmes, notamment à travers les protections hygiéniques dans lesquelles on trouve des pesticides. C’est important d’être là, aussi, pour la convergence des luttes. »
Mathieu, bénévole à la LPO, veut quant à lui alerter sur un chiffre qui l’inquiète : « En quarante ans, on a perdu environ 60 % des oiseaux agricoles. Il faut tirer la sonnette d’alarme. »
Dans le cortège Greenpeace, quatre activistes marchent en retrait. Ils portent un petit cercueil, l’air grave. « On enterre le courlis à bec grêle. On n’a plus observé cet oiseau depuis 1995, alors on peut dire que son espèce est éteinte. »
Le long du cimetière du Montparnasse, les activistes se couchent au sol pour faire un die-in : il s’agit de symboliser la « mort du vivant ». Le mathématicien et ancien député macroniste Cédric Villani (au premier plan) se tient parmi eux.
La foule marche en direction du ministère de la Santé, mais devra s’arrêter à environ 700 mètres du point prévu, face au refus de la Préfecture de la laisser aller plus loin.
Un enfant observe la manifestation depuis une passerelle devant son immeuble.
Les Red Rebels sont des activistes du mouvement Extinction Rebellion qui réalisent des mouvements très lents pendant les manifestations pour le climat. À travers ses tenues et ses chorégraphies, le groupe cherche à représenter la biodiversité qui s’éteint.
Le cortège surplombe Paris avant d’arriver à proximité du ministère de la Santé.
Des activistes du mouvement Extinction Rebellion se mettent sur le côté de la manifestation pour méditer.
Bee Happy dénonce l’effet des pesticides sur les populations d’abeilles.
Un message sur le glyphosate, herbicide toxique et emblématique encore largement utilisé en Europe.
Interventions des différentes organisations sur la place de Breteuil, point d’arrivée de la manifestation, avec le dôme des Invalides en arrière-plan.