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Photographe dans les Vosges ©Mathieu Génon/Reporterre

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En bref — Nature

La chute dramatique de la biodiversité peut être enrayée, selon une étude scientifique

Est-il possible encore possible d’empêcher l’effondrement de la biodiversité ? Selon une nouvelle étude scientifique publiée le 10 septembre dans la revue Nature, la réponse est oui. L’étude, réalisée par une quarantaine de scientifiques de différents instituts, dresse un constat simple : en associant des mesures de conservation ambitieuses à la transformation de notre système alimentaire, nous parviendrons à restaurer la biodiversité.

Pour parvenir à ce résultat, les scientifiques ont combiné quatre scénarios d’évolution de la biodiversité à huit scénarios d’utilisations des ressources. Ces derniers se basent sur plusieurs mesures, parmi lesquels la réduction du gaspillage, la diminution de la part des protéines animales dans l’alimentation, ou encore l’augmentation des zones protégées.

La plupart (61 %) de ces combinaisons permettraient, d’ici à 2050, de diminuer drastiquement l’érosion de la biodiversité. Dans le meilleur des cas, où l’on appliquerait toutes les mesures, jusqu’à 90 % des pertes de biodiversité à venir pourraient être empêchées. Le tout, en prenant en compte les besoins grandissants en nourriture dans le monde. « Ces actions sont techniquement possibles, économiquement faisables et compatibles avec des objectifs de développement durables plus larges » insistent les scientifiques dans cette étude.

Le déclin de la biodiversité s’accélère

Cette étude intervient alors que, ce jeudi 10 septembre, le WWF publie son rapport Planète vivante, comme tous les deux ans depuis 1998. Ce rapport est fondé sur l’Indice planète vivante (IPV), calculé avec la Société zoologique de Londres. « Il mesure l’abondance des populations mondiales de vertébrés sauvages (poissons, oiseaux, mammifères, amphibiens, reptiles), dit Véronique Andrieux, directrice générale de WWF France. Il est calculé à partir de milliers de données sur le suivi scientifique de 21.000 populations de plus de 4.000 espèces de vertébrés sauvages. »

Cet indicateur qui a dégringolé sans discontinuer ces dernières années, et chute encore : selon le rapport du WWF, on enregistre un déclin de 68 % des populations de vertébrés sauvages étudiées entre 1970 et 2016.

Arnaud Gauffier, directeur des programmes du WWF France, invite à ne pas surinterpréter ce chiffre : « Cela ne veut pas dire que nous avons perdu 68 % des animaux de la planète depuis 1970. Le chiffre ne porte que sur les populations de vertébrés que nous avons suivies. » Soit une toute petite partie du vivant. « Ensuite, poursuit-il, le nombre d’espèces suivies varie à chaque rapport – celui publié ce jeudi intègre 400 espèces et 4.870 populations de plus que celui de 2018 –, ce dont il faut tenir compte lorsqu’on compare les éditions les unes aux autres. »

Mais la tendance générale est bel et bien à une baisse de l’abondance des populations d’animaux sauvages suivies. « Ces dernières années, la vitesse du déclin a un peu ralenti en Europe et en Amérique du nord, notamment parce que les politiques de protection de la biodiversité mis en place ces dernières années ont commencé à porter leurs fruits, note Arnaud Gauffier. Mais en Amérique centrale et du sud, ça plonge à une vitesse affolante. » Les populations des animaux sauvages vertébrés étudiées dans ce coin du globe ont effectivement chuté de 94 % entre 1970 et 2016, « soit le déclin le plus important jamais observé dans une région », souligne le rapport.

L’enjeu prioritaire : arrêter de détruire les habitats naturels

Les causes de ces chutes de biodiversité sont multiples. Planète Vivante 2020 en dresse cinq, toutes en lien avec l’activité humaine. Par ordre de leurs impacts : la perte et la dégradation des habitats, la surexploitation des ressources [la pêche essentiellement, mais aussi la chasse, le braconnage], la pollution, les espèces invasives et les maladies. Et, enfin, le changement climatique.

Le premier facteur de perte directe de biodiversité est la perte et la dégradation des habitats,principalement par le changement d’affectation des terres au profit, notamment, de l’agriculture intensive et de l’élevage industriel.

-  Source : Reporterre avec Nature et 20 minutes

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