Le changement climatique menace la symbiose entre les arbres et les champignons
Les pins sont les arbres les plus vulnérables (ici des pins d'Alep). - Wikimedia Commons/CC BY-SA 3.0 Deed/Frenciscobcn
Les pins sont les arbres les plus vulnérables (ici des pins d'Alep). - Wikimedia Commons/CC BY-SA 3.0 Deed/Frenciscobcn
Durée de lecture : 2 minutes
Le changement climatique force de nombreuses espèces à migrer vers des zones plus hospitalières. Une étude, publiée le 27 mai dans la revue de l’Académie des sciences des États-Unis (PNAS), montre que la migration des arbres pourrait être fortement entravée par l’inadéquation entre leurs besoins et la vie fongique des sols où ils emménagent.
Comme la plupart des plantes, les arbres vivent en symbiose avec des champignons mycorhiziens, de microscopiques organismes filamenteux qui se connectent à leurs racines afin de les approvisionner en nutriments, en échange de carbone. Les chercheurs estiment que 60 % des arbres de la planète vivent en symbiose avec un certain type d’entre eux, les ectomycorhiziens.
Dans le cadre de cette étude, ils se sont penchés sur le sort des forêts nord-américaines. Selon eux, le changement climatique « impactera négativement » 35 % des relations entre les arbres qui y vivent et les champignons ectomycorhiziens. Tous deux n’ont en effet pas les mêmes niches climatiques, et ne réagissent pas de la même manière au bouleversement des températures. Ils risquent donc d’aller s’établir à des endroits où l’autre espèce n’est pas. « Leurs interactions risquent de s’éteindre localement », note l’étude. Les arbres les plus vulnérables appartiennent à la famille des pins.
Ces résultats mettent en lumière la manière dont le changement climatique pourrait affecter les relations de symbiose entre certains organismes. « On a tendance à penser que les migrations climatiques seront seulement entravées par des facteurs abiotiques [c’est-à-dire non liés à la vie], comme l’espace disponible aux plus hautes latitudes et altitudes, note la chercheuse et coautrice de l’étude Clara Qin. On ne prend d’habitude pas en compte les limites biotiques, comme la disponibilité en partenaires symbiotiques. »
Selon l’auteur principal de cette étude, l’écologue Michael Van Nuland, il est « absolument vital » de continuer à faire des recherches sur la manière dont le changement climatique affecte les symbioses mycorhiziennes. « Ces relations soutiennent toute la vie sur Terre. Il est crucial que nous les comprenions et protégions. »