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Libertés

Le contrôle judiciaire s’impose toujours aux défenseurs du jardin de la Buisserate

Engloutis sous le béton, les jardins de la Buisserate, près de Grenoble (Isère), n’existent plus. Il n’en reste plus qu’un désert poussiéreux. Les arbres fruitiers ont été arrachés par les bulldozers et les pelleteuses ont creusé des tranchées béantes au milieu du terrain. Le terrassement a commencé en plein confinement, prenant tout le monde de court.

L’histoire n’est pourtant pas finie. La répression contre les écologistes, elle, continue. Comme le racontait déjà Reporterre cet automne, sept personnes sont toujours inculpées pour association de malfaiteurs. Ils ont demandé cette semaine une nullité de la procédure et attendent la réponse du juge.

Depuis trois mois, cette bande d’amis, toutes et tous primo militants, ne peuvent plus se voir. Ils doivent pointer au commissariat chaque semaine et sont assignés à résidence entre 20 h et 7 h du matin. Ils n’ont pas non plus le droit de sortir du territoire national. Leur seule infraction ? Avoir voulu ouvrir un squat à proximité du jardin pour mieux le protéger et « créer un espace de vie collectif et convivial ».

Les jardins de la Buisserate aujourd’hui
Les jardins de la Buisserate aujourd’hui

Début septembre, ils avaient été surpris en train de visiter les jardins en pleine nuit, sans qu’aucune dégradation ne soit commise. Ils avaient passé plus de 60 heures de garde à vue et subi une série de perquisitions.

Vendredi 11 décembre 2020, une trentaine d’associations, de syndicats, de collectifs et d’organisations politiques ont écrit une tribune pour dénoncer « la criminalisation de cette lutte » et « assurer leur solidarité face à la répression ».

« C’est toute une inventivité combative au service du bien commun qui est menacée par cette procédure démesurée », soulignent-ils.« Nous souhaitons témoigner notre inquiétude sur l’avenir des mobilisations écologiques quand la justice réprime celles et ceux qui mettent leur vie en jeu pour l’avenir du monde qu’ils et elles habitent. »

Pour Tim [*], un des inculpés, joint par Reporterre, « les contrôles judiciaires ont muselé la lutte. En nous interdisant de nous voir, la justice a cassé des amitiés, des rêves communs et des dynamiques politiques ».

Après trois mois, le jeune homme se dit « fatigué de cette procédure » : « On apprend à vivre avec mais on reste captif et démuni. Les promoteurs on profité de ce moment de fragilité pour détruire les jardins ». Les collectifs affirment néanmoins vouloir reprendre la lutte. « Dans l’agglomération de Grenoble, il existe encore beaucoup de projets inutiles et imposés qui menacent des espaces naturels ou agricoles, rappelle Tim, il va falloir continuer de se battre. »

  • Source : Reporterre

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