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Animaux

La campagne de pub contre le harcèlement qui mettait en scène des animaux épinglée par le jury de déontologie

Un ours, un requin ou un loup menaçant une femme visiblement terrifiée dans le métro. C’était le choix de la société Havas pour illustrer une campagne de lutte contre le harcèlement sexuel dans les transports de la région Île-de-France, et diffusée dans les transports en communs.

La campagne avait déplu aux défenseurs des animaux et même à une de nos collègues journaliste Nathalie Fontrel, auteure d’une tribune sur Reporterre. La Ligue de protection des oiseaux (LPO), « choquée par l’utilisation de la métaphore de l’animal sauvage, prédateur de l’homme, qui serait préjudiciable à l’espèce humaine », avait saisi le jury de déontologie publicitaire, qui a rendu sa décision publique ce jeudi 3 mai.

« Cette décision reprend le bien-fondé des arguments présentés par la LPO, à savoir qu’aucune de ces espèces sur le plan scientifique ne sont des prédateurs de l’homme : la publicité est de nature à donner une fausse image d’espèces protégées qui pâtissent déjà à tort d’une mauvaise réputation », se félicite l’association.

Elle cite les arguments développés par le jury dans sa décision (non encore disponible en ligne). Il relève ainsi « qu’encourager la crainte de ses animaux va à l’encontre des politiques publiques de protection de la biodiversité » et que, « au regard des enjeux que représentent désormais la sauvegarde de la biodiversité, le choix des animaux n’était pas conçu avec un juste sens de la responsabilité sociale compte tenu de la nécessité de combattre les préjugés sur lesquels cette métaphore se fonde ».

Par ailleurs, dans son communiqué, la LPO précise « qu’une cause aussi fondamentale que la lutte contre le harcèlement sexuel ne se gagne pas en faisant appel à de vieux clichés et des peurs irrationnelles et fantasmées. La réalité des agresseurs est tout autre, il faut savoir la regarder en face ».

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