Le ministère de l’Agriculture publie une liste de 120 usages « prioritaires » des pesticides
Une feuille de vigne touchée par le mildiou. - © Constant Forme-Becherat / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP
Une feuille de vigne touchée par le mildiou. - © Constant Forme-Becherat / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP
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C’est un texte technique aux effets potentiellement délétères sur notre santé. Le 11 avril, le ministère de l’Agriculture a publié au Journal officiel une liste de plus de 120 usages de pesticides qui doit orienter le travail de l’Anses, l’agence nationale de santé.
La liste recense de nombreuses espèces dites « nuisibles » (mouches, pucerons...) et maladies (mildiou, rouille…) « affectant de manière significative le potentiel de production agricole et alimentaire et contre lesquels les moyens de lutte sont inexistants, insuffisants ou susceptibles de disparaître à brève échéance », selon l’arrêté. En clair : l’Anses devra prioritairement examiner les autorisations de mise sur le marché (AMM) des pesticides luttant contre ces maladies, afin de répondre aux besoins économiques des filières agro-industrielles.
Cet arrêté fait suite à un décret pris en parallèle des débats sur la loi Duplomb, et vivement critiqué par les associations. « La liberté de décider de son propre ordre du jour est compromise, c’est une entrave grave à l’indépendance de l’Anses », indiquait en juillet à Reporterre François Veillerette, président de l’association Générations futures.
Chaque année, l’Anses examine 2 000 demandes de mise sur le marché de produits pesticides. Les dossiers se bousculent et il faut aller au plus urgent. Le risque, avec ce calendrier dicté par le ministère de l’Agriculture, c’est que l’interdiction des produits dangereux soit retardée.