Les Gilets jaunes contraints de lever le camp face à Monsanto, dans l’Aude

Durée de lecture : 3 minutes

17 décembre 2018

- Actualisation du mardi 18 décembre :

Le groupe des Gilets jaunes présents à Trèbes devant l’usine Monsanto a dû quitter le camp hier lundi 17 décembre au soir, le propriétaire du terrain privé ayant reçu de nombreuses pressions pour lever son autorisation d’occuper son champ. « Nous n’étions pas assez pour résister à une charge sur le site » déplore C., l’une de Gilets jaunes mobilisée depuis le début du mouvement. Tous s’accordent néanmoins pour dire que la partie n’est pas terminée et que ce groupe audois compte bien venir déranger à nouveau le semencier. « Ce n’était que l’acte 1… Nous avons réussi le pari fou de réunir un bon nombre de personnes — qui avaient, à la base, un sacré a priori par rapport aux « gilets jaunes » — autour d’un sujet commun : l’écologie. Monsanto nous empoisonne alors que l’écologie nous “soigne”. Et nous, nous sommes censés la financer avec la taxe carbone à la place de ces multinationales qui ne paient pas d’impôts en France... Les Gilets jaunes, ce n’est pas QUE le pouvoir d’achat, c’est un package. Voilà ce qu’on a démontré durant la semaine avec Monsanto/Bayer. On reviendra plus forts ».


- Trèbes (Aude), reportage

Lundi midi 17 décembre, devant le site de Monsanto à Trèbes dans l’Aude. Déjà une semaine que les Gilets jaunes se sont installés sur un terrain privé face à l’usine du semencier. Au plus fort, ce camp de fortune, gardé jour et nuit par certains mobilisés depuis le 17 novembre, a accueilli près de 200 personnes. Dimanche, un membre du groupe HK et les Saltimbanques est venu chanter sur le camp et réchauffer le moral du groupe. Ce week-end, l’entreprise Monsanto aurait donné des jours chômés à leurs employés qui font les 3/8...

Lundi matin, vers huit heures, un petit groupe à tenté de bloquer la route qui permet aux camions d’accéder au site. La réponse ne s’est pas faite attendre. Un car de la gendarmerie mobile et un car de CRS sont très rapidement venus les déloger. "Nous voulions juste dévier les camions et non pas les bloquer", explique Pascal, un Gilet jaune mobilisé depuis le début du mouvement. "J’ai averti les faucheurs volontaires présents avec nous et cinq minutes après, nous avons dû nous replier vers le camp." Pour ce gilet jaune, c’est l’incompréhension : « Depuis un mois, nous avons bloqué trois centres commerciaux, occupé les ronds-points sans jamais être délogés. Là, nous restons pacifiquement devant l’usine, sans bloquer la route et en cinq minutes, les bleus sont là ! Même le commandant de gendarmerie me l’a dit : reprenez plutôt les ronds-points !" »

Les discussions vont bon train sur le camp. Les Gilets jaunes présents veulent plus que jamais poursuivre l’occupation car ils se sentent soutenus par la population. "Le gouvernement demande au petit peuple qui n’en a pas les moyens de financer la transition écologique. Pour moi, c’est aux grosses entreprises comme Monsanto ou Total de payer la facture, pas à nous !", dit Pascal. Tant que cela ne sera pas le cas, nous continuerons à prendre ces sites d’assaut."

La vie suit son cours sur le camp de fortune ; certains cuisinent, d’autres construisent de nouveaux abris... Des faucheurs volontaires, des paysans et des citoyens sans gilets jaunes viennent peu à peu grossir les rangs, mais pas suffisamment encore d’après Pascal : "Ici notre lutte est sociale et écologique. Nous appelons à la relève car il faudrait en permanence une centaine de personnes sur le site d’autant que nous risquons à chaque instant de nous faire expulser."



Lire aussi : Gilets jaunes : le dossier pour comprendre la révolte

Source : Pascaline Pavard, de Nature et progrès, courriel à Reporterre

Photo : ©Idriss Bigou-Gilles/Hans Lucas.



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