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En bref — Luttes

Les militants écologistes font annuler le surf park du lac du Bourget

Maquette d'atoll flottant pour Vaires-Torcy (77).

Le projet de surf park sur le lac du Bourget (Savoie) est annulé à cause de la contestation locale, a annoncé le directeur de l’entreprise bordelaise Okahina Wave Laurent Héquily samedi 4 décembre sur France Inter. « Au départ, ce projet avait du sens pour nous, notamment pour les jeunes surfers de la région, a expliqué l’entrepreneur. Mais le lieu est sensible, ce n’est pas le meilleur endroit, les conditions ne sont pas réunies et nous n’irons pas à l’encontre des Aixois et des riverains du lac. »

Ce projet avait été dévoilé le 15 octobre à Aix-les-Bains (Savoie). Il consistait en un atoll flottant et démontable au large de la plage d’Aqualac, autour duquel auraient été créées des vagues artificielles de 80 centimètres à 1,6 mètre de hauteur sur une surface de 60 mètres de diamètre. Sa mise en service était prévue pour fin 2023-début 2024.

Lire aussi : Des projets de surf parks coulent grâce aux luttes écologiques

Cet abandon a été salué sur Facebook par France Nature Environnement (FNE) Savoie. L’association avait lancé une pétition intitulée « Refusons l’atoll artificiel de surf sur le lac du Bourget ! » qui avait rassemblé plus de 21 400 signatures mercredi 8 décembre à 14 h 30. « [Les] arguments commerciaux [des promoteurs] sont d’ores et déjà récusés par les scientifiques du milieu lacustre local, pour lesquels le brassage des eaux est une violence et la maîtrise de la pollution un domaine éminemment sérieux. Quant aux promesses de gain touristique, on pourrait se poser la question du phénomène repoussoir au contraire, vu l’image naturelle du lac habituellement promue par la Savoie. La consommation d’énergie nécessaire pour ce dispositif pose aussi le problème de peser inutilement sur le dérèglement climatique », peut-on y lire.

L’association craignait également que ce projet ne fragilise la candidature du lac du Bourget pour le label Homme et Biosphère de l’Unesco, déposée en février 2021 par la commune d’Aix-les-Bains et la communauté d’agglomération Grand Lac. À l’annonce de l’abandon, elle a annulé la manifestation prévue samedi 11 décembre devant la mairie d’Aix-les-Bains mais a annoncé avoir demandé une entrevue avec le maire de la ville, Renaud Beretti (Les Républicains), pour « valider officiellement ce retrait et demander qu’à l’avenir d’autres projets similaires, néfastes à l’environnement, ne puissent se faire ».

Les élus locaux étaient également divisés sur ce projet. Si le maire d’Aix-les-Bains y semblait favorable, le maire du Bourget-du-Lac, Nicolas Mercat (divers gauche), avait signé la pétition de FNE. « Cette vague était en décalage avec l’image que les élus souhaitaient donner du tourisme au bord de ce lac », a-t-il déclaré à France Inter.

D’autres projets de vagues artificielles portés par Okahina Wave restent à l’étude en France, au technopôle du Futuroscope de Poitiers (Vienne) pour 2022, à Libourne (Gironde) pour 2023, et à Torcy (Seine-et-Marne) pour les Jeux olympiques de 2024.

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