Loi Duplomb : un médecin convoqué à la gendarmerie pour un post Facebook, après la plainte d’une députée RN
Caroline Colombier, députée du Rassemblement national. - © Telmo Pinto / NurPhoto / NurPhoto via AFP
Caroline Colombier, députée du Rassemblement national. - © Telmo Pinto / NurPhoto / NurPhoto via AFP
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Le 3 décembre, un médecin généraliste de Charente a été convoqué à la gendarmerie d’Angoulême en audition libre. Son tort ? Avoir dénoncé sur les réseaux sociaux « l’obscurantisme » de Caroline Colombier, députée Rassemblement national, en plein débat sur la loi Duplomb cet été. « Heureusement que le ridicule ne tue pas, vous seriez morte deux fois dans la même interview », avait notamment écrit Dr Louis-Adrien Delarue, en réaction à des propos de la parlementaire d’extrême droite sur l’acétamipride. Il s’agit d’un dangereux pesticide que le projet de loi entendait réautoriser avant que le Conseil constitutionnel ne l’en empêche.
Convoqué pour avoir « fait son travail de médecin »
L’élue de la 3ᵉ circonscription du département a déposé plainte pour « outrage envers un agent dépositaire de l’autorité publique » et le médecin a été convoqué pour une audition libre avec prise d’empreintes : « En pleine semaine de travail, au milieu de mes consultations et visites médicales, je suis convoqué à la gendarmerie […] pour avoir fait mon travail de médecin et de citoyen : dénoncer les mensonges d’une élue de la République », réagit celui qui est porte-voix du collectif Alerte Médecins Pesticides sur Facebook.
Louis-Adrien Delarue dénonce en outre « une procédure bâillon » visant à intimider et décourager les citoyens à s’emparer du débat public. Le 17 novembre, Reporterre avait déjà croisé la route de ce praticien lors du blocage de l’usine du géant agrochimique BASF, visant à dénoncer la production d’un pesticide pourtant interdit en Europe.
Militante des premières heures du Front national, Caroline Colombier a elle été pointée du doigt à deux reprises par le média Les Jours pour sa présence dans des groupes Facebook où s’échangent des messages violents, racistes, antisémites, islamophobes et homophobes.
Fin septembre, une députée Les Républicains, Virginie Duby-Muller, avait, elle, porté plainte contre des citoyens après un post Instagram anti-loi Duplomb, comme le racontait Reporterre.