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En bref — OGM

Macron veut transformer les fermes en « start-up de la tech »

Un drone dans un champ.

« Numérique, robotique, génétique » : tels sont les piliers de la « troisième révolution agricole » évoquée par Emmanuel Macron lors de sa visite éclair au Salon de l’agriculture à Paris, samedi 26 février. Le président de la République a rappelé aux représentants de la profession agricole que « près de 3 milliards d’euros » avaient déjà été consacrés à chacun de ses domaines, par le biais du plan de relance France 2030.

« Nous avons connu une révolution qui a été surtout chimique ces dernières décennies, dont nous sommes en train de sortir. Nous n’en sortirons pas par la décroissance, nous n’en sortirons pas par le retour à une agriculture du XIXe siècle qui ne pourrait pas nourrir notre population ni permettre des actions de solidarité. Nous n’en sortirons que par la compétitivité, l’innovation et la mobilisation », a-t-il poursuivi.

Pas encore officiellement candidat à l’élection présidentielle, Emmanuel Macron a annoncé vouloir « bâtir un grand texte d’orientation et d’avenir agricole ». Objectif, favoriser le renouvellement des générations en atteignant 20 000 installations par an « pour les années à venir », contre 12 500 en 2020. Selon le dernier recensement décennal agricole, la France a perdu plus de 100 000 fermes entre 2010 et 2020 et près de 60 % des exploitants avaient plus de cinquante ans en 2020.

« Transformer nos fermes en start-up de la tech »

Ces déclarations ont été fraîchement accueillies par la Confédération paysanne. « Ce qui nous inquiète, dans cette idée de loi avenir, c’est qu’il y a un mélange entre installation/transmission et troisième révolution agricole — numérique, robotique, innovation, a déclaré son porte-parole Nicolas Girod à l’hebdomadaire professionnel La France agricole. C’est plutôt dans une logique entrepreneuriale, avec des fermes très grandes pour amortir ces investissements conséquents, et avec beaucoup de salariés. Ce n’est pas dans une logique d’emploi paysan. »

Lire aussi : L’agriculture numérique ou la fin des paysans

« Vous pensiez que l’avenir de l’agriculture passait par plus de qualité, moins de pesticides et plus de paysans ? Pour Emmanuel Macron, cela tient en trois mots : robotique, génétique et numérique, pour transformer nos fermes en start-up de la tech », a ironisé l’économiste Maxime Combes sur Twitter.

La génétique manipulée, voilà également qui inquiète les écolos. Dimanche 27 février, des activistes de Greenpeace en combinaisons blanches ont déployé une banderole « Pour une agriculture durable, non aux nouveaux OGM » à l’entrée du Salon de l’agriculture. D’autres ont semé des grains de maïs de couleur verte en scandant des slogans tels que « Non, non, non à la réglementation, oui, oui, oui à nos profits », autour d’un militant masqué à l’effigie d’Emmanuel Macron. « Nous souhaitons mettre un peu de pression sur les candidats à l’élection présidentielle qui ont d’ores et déjà déclaré qu’ils souhaitaient voir se développer les nouveaux OGM dans l’agriculture française, en premier lieu Emmanuel Macron », a déclaré à l’AFP Joseph D’Halluin, chargé de campagne agriculture à Greenpeace.

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