Malgré l’illégalité de l’A69, la justice poursuit ses opposants
Huit prévenus sont jugés pour avoir bloqué les travaux de l'autoroute A69, depuis déclarés illégaux. - © Antoine Berlioz / Reporterre
Huit prévenus sont jugés pour avoir bloqué les travaux de l'autoroute A69, depuis déclarés illégaux. - © Antoine Berlioz / Reporterre
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Quel sort la justice réserve-t-elle aux activistes ayant lutté contre l’autoroute A69 ? Depuis l’arrêt net du chantier — jugé illégal le 27 février — entre Toulouse et Castres, la question reste en suspens. Le 6 mai, au tribunal judiciaire de la sous-préfecture tarnaise, des magistrats se sont penchés dessus au cours d’une longue audience. Huit prévenus comparaissaient devant eux pour avoir empêché le bon déroulement des travaux de l’A69.
Du côté de la défense, l’avocate Claire Dujardin a réclamé la relaxe de ses clients. Il y a deux mois, avant que ce même procès ne soit renvoyé, elle confiait à Reporterre son optimisme : « Il existe une jurisprudence de la Cour de cassation qui dit clairement que l’annulation d’un acte administratif […] prive de base légale toute poursuite engagée pour violation de cet acte. » Autrement dit, comme l’A69 a été déclarée illégale, les charges retenues contre les activistes ayant bloqué l’avancée du chantier tombent à l’eau.
À l’inverse, pour la procureure de la République, hors de question d’abandonner quoi que ce soit. Elle a requis des amendes de 3 000 euros avec sursis à l’encontre de cinq « écureuils », baptisés ainsi après avoir occupé des chênes et platanes centenaires menacés d’abattage entre février et mars 2024. Et l’attente est encore loin d’être terminée : la décision a été mise en délibéré au 1er juillet, rapporte Le Monde.