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OGM

Mobilisation avant le vote sur les nouveaux OGM au Parlement européen

Des membres de Greenpeace France devant le ministère de la Transition écologique, le 26 avril 2021, pour demander au gouvernement une réglementation stricte et unique de tous les nouveaux OGM

En pleines manifestations des agriculteurs, une vingtaine d’organisations appellent à manifester le 6 février à Strasbourg. Le Parlement européen doit y débattre de la réglementation des nouveaux OGM

Les arguments contre les nouveaux OGM, Sylvie Colas les connaît bien. Ce sont les mêmes que ceux que l’agricultrice du Gers a défendus à la fin des années 1990, lors du premier débat européen sur la réglementation des OGM« Cette promesse génétique est un leurre, puisqu’une plante avec le meilleur potentiel génétique ne donne rien si elle n’est pas adaptée à un milieu, à un climat, à certaines pratiques… Ces techniques génomiques sont celles d’une agriculture industrielle qui va à l’encontre d’une agriculture paysanne », souligne celle qui est aujourd’hui secrétaire nationale de la Confédération paysanne. Vingt ans plus tard, le syndicat poursuit le combat et manifeste à Strasbourg, le 6 février, pour inciter les députés européens à s’opposer à la proposition de la Commission européenne d’une nouvelle réglementation en faveur des nouvelles techniques génomiques (NTG).

« Déréglementation », diront plutôt les opposants au texte, alors que la plupart des OGM produits grâce à ces nouvelles techniques de sélection échapperont à tout encadrement. En effet, la proposition qui sera débattue au Parlement européen le 6 puis votée le 7 février propose de considérer ces NTG comme équivalentes à des plantes obtenues par les méthodes classiques de sélection. Cette affirmation justifie donc de ne pas leur imposer une réglementation spécifique. Une approche qui a prévalu aux États-Unis dès les années 1990, permettant l’adoption massive de la première génération d’OGM dans le pays.

À l’appel de la Confédération paysanne se sont jointes douze organisations françaises, dont Greenpeace, Les Amis de la Terre, la Fédération nationale de l’agriculture biologique (Fnab) ou encore Pollinis. Une petite dizaine d’organisations européennes battront aussi le pavé strasbourgeois, notamment la Fédération internationale des mouvements d’agriculture biologique (Ifoam), l’association Demeter et Via Campesina. 

Interdits, mais intraçables

« Notre mobilisation consiste aussi à contacter tous les députés du Parlement européen pour rappeler que la proposition de la Commission ne s’appuie pas sur des critères scientifiques », raconte Nina Holland, de l’organisation Corporate Europe Observatory également mobilisée. Cet argument des opposants au texte s’appuie sur un avis rendu par l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) le 29 novembre 2023, qui avance qu’il est nécessaire de « clarifier les critères d’équivalence » des NGT et examiner « leur fondement scientifique ».

Malgré la vingtaine d’organisations mobilisées, les organisateurs attendent entre 100 et 200 personnes seulement. Daniel Evain, référent OGM à la Fnab, confie que son organisation va rassembler quelques agriculteurs, « mais ce ne sera pas à la hauteur de l’enjeu. Le problème le plus urgent aujourd’hui, c’est le revenu des agriculteurs bio qui s’effondre ».

La filière ne pourra plus garantir de produire sans OGM

Pourtant, il sait bien que les agriculteurs bio seront les premiers touchés par cette nouvelle réglementation qui va empêcher de tracer les NGT. Selon la Cour de justice européenne, les organismes issus de ces techniques sont bien des OGM et ils sont donc interdits en bio. Interdits, mais intraçables. Un piège insoluble pour la filière qui ne pourra plus garantir de produire sans OGM

Même problème de mobilisation pour Greenpeace France, déjà sur de nombreux fronts avec les revendications agricoles, nous explique Ariane Malleret, chargée de campagne agriculture, qui ne savait pas encore la veille combien de représentants de Greenpeace pourrait participer à la mobilisation.

Le calendrier agricole est décidément compliqué puisque la Coordination rurale appelle aussi à manifester devant le Parlement européen le 6 février, au nom « des agriculteurs en colère » sans lien avec la question des nouveaux OGM

Quant au pronostic du vote des députés européens, personne ne s’y risque. « Deux blocs s’affrontent, les pro-OGM derrière les groupes de droite PPE et Renew et les opposants portés par la gauche et les Verts », commente Charlotte Labauge, de Pollinis. À l’issue du vote parlementaire, le débat se poursuivra au Conseil européen, où les ministres de l’Agriculture seront amenés à voter ce texte.

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