Municipales 2026 : les villes d’extrême droite plus vulnérables au risque climatique
Les communes pourraient agir plus rapidement si l’État les soutenait davantage, assure Oxfam. Ici lors des inondations à Cadillac-sur-Garonne (Gironde), le 16 février 2026. - © GAIZKA IROZ / AFP
Les communes pourraient agir plus rapidement si l’État les soutenait davantage, assure Oxfam. Ici lors des inondations à Cadillac-sur-Garonne (Gironde), le 16 février 2026. - © GAIZKA IROZ / AFP
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Municipales — Oxfam décrypte dans une étude l’impact des politiques des communes pour protéger les habitants des effets du changement climatique. Et pointe l’aggravation de l’exposition aux risques dans les villes de l’extrême droite.
En matière d’adaptation, les communes sont essentielles. À quelques semaines des élections municipales, l’ONG Oxfam décrypte, dans une note publiée mardi 17 février, l’impact des politiques menées à l’échelle de la commune pour protéger les habitants des effets du changement climatique tels que les vagues de chaleur, les feux de forêts ou les inondations.
Intitulée « Pour des villes résilientes », l’étude alerte sur « le dérèglement climatique, déjà à l’œuvre » qui « risque d’aggraver encore les inégalités sociales » et « appelle les candidats aux élections municipales à replacer l’adaptation climatique au cœur de leurs programmes ». Pour faciliter la tâche des futurs édiles, et les encourager à agir, l’ONG répertorie plusieurs solutions concrètes que peuvent actionner les mairies.
Au total, 24 études de cas analysent comment les communes peuvent prévenir les risques climatiques, mais aussi en quoi elles peuvent améliorer la qualité de vie des citoyens. D’autant que ces politiques peuvent constituer un apport de recettes.
Une aggravation des risques sous l’extrême droite
À Bourg-en-Bresse (PS), Amiens (UDI), ou Limoges (DVD), les communes ont voté en faveur d’une taxe d’habitation sur les logements vacants afin de pouvoir utiliser le bâti existant et ainsi éviter l’artificialisation des sols pouvant aggraver les risques d’inondations et de sécheresse. « En 2024, cette taxe a permis de récolter 170 millions d’euros, soit l’équivalent de ce qui est nécessaire pour rénover 119 écoles », souligne Oxfam.
Des initiatives sont également possibles pour lutter contre la destruction de la biodiversité. Dans la métropole rennaise, la commune de Laillé (divers gauche), s’appuie sur l’obligation réelle environnementale (ORE), un dispositif foncier de protection de l’environnement, qui a permis le maintien de haies agricoles, nécessaire à l’atténuation des sécheresses et des inondations. À Laillé, la mairie a également interdit l’épandage de pesticides.
La note d’Oxfam s’intéresse également à l’aggravation de l’exposition aux risques climatiques des villes tenues par l’extrême droite. À savoir : les conséquences des sécheresses à Perpignan, les constructions exposées au risque d’inondation à Fréjus, ou encore l’urbanisation d’une parcelle à risque d’inondation à Moissac.
« Des investissements supplémentaires dans l’adaptation au changement climatique sont urgentes »
Dans le nord de la France, à Hénin-Beaumont, fief de Steeve Briois, candidat Rassemblement national à sa réélection, certaines décisions ont exposé la ville à plusieurs risques d’inondation, affirme la note. D’après une étude de risques réalisée lors de la dernière révision de son PLU, la ville se situe dans « un territoire où le risque d’inondation est bien présent (ruissellement, débordement des cours d’eau) ». À tel point, que dans les années 2080, les précipitations seront 18 % plus importantes que par le passé.
La commune ne se saisit « pas pour autant » de « l’ensemble des leviers d’action à sa disposition », pointent les auteurs qui citent pêle-mêle : des recommandations de l’Autorité environnementale ou du Plan de gestion du risque d’inondation pas toutes suivies. En parallèle, la ville continue de prévoir l’urbanisation de parcelles agricoles, frein à la bonne absorption des sols.
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Oxfam insiste : les communes pourraient agir plus rapidement si l’État les soutenait davantage. « Des investissements supplémentaires dans l’adaptation au changement climatique sont urgentes à l’heure où la Commission européenne estime que la France devrait investir 10 milliards d’euros par an pour rattraper le retard alors que I4CE conclut qu’en 2025, l’État n’a mobilisé que 1,7 milliard d’euros directement pour l’adaptation », indique l’ONG.
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