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Animaux

Origine du Covid : les experts de l’OMS recommandent d’enquêter sur les visons et animaux à fourrure

La mission de l’OMS (Organisation mondiale de la santé) chargée d’enquêter sur l’origine du coronavirus a conclu son séjour en Chine le 10 février après un séjour de quatre semaines à Wuhan. Au-delà des déclarations de circonstance probablement destinées à ménager la susceptibilité des hôtes chinois, la thèse privilégiée reste celle d’une transmission virale entre les chauves-souris et les humains via un hôte intermédiaire, l’identification de ce dernier restant le point central à élucider.

Or, selon des propos rapportés par le Wall Street Journal le 18 février, au moins quatre membres de l’équipe ont, à un moment ou à un autre, évoqué les fermes d’animaux à fourrure chinoises comme premier terrain d’investigation à explorer. Le microbiologiste Dominic Dwyer a d’abord déclaré qu’il fallait déterminer exactement quels animaux étaient vendus sur le marché de Wuhan puis a ajouté que la Chine devrait mener des tests à grande échelle sur ses fermes de visons, même si elles se trouvent principalement dans le nord du pays : « La Chine n’a signalé aucune épidémie de visons et je pense que c’est un domaine sur lequel ils doivent travailler. » Marion Koopmans, virologue néerlandaise du centre médical Erasmus, avait déjà fait remarquer, rapporte la BBC que ce n’est pas parce qu’aucune épidémie n’a été signalée qu’il n’y en a pas eu.

Le zoologiste Peter Daszak s’est, de son côté, demandé à haute voix si les fermes de blaireaux (un mustélidé tout comme le vison), de lapins ou de chiens viverrins du sud du pays — s’il y en a — ne seraient pas à suspecter préférentiellement. Enfin, dans un entretien avec Science, Peter Ben Embarek, le chef de l’équipe de l’OMS, a déclaré que les enquêteurs souhaitaient faire des études plus systématiques, en particulier en Chine, sur les animaux les plus sensibles au Sras-CoV-2, à savoir les visons, les chiens viverrins et les renards. Ces animaux sont souvent élevés ensemble dans des fermes intensives situées dans les cinq provinces du nord-est du pays.

  • Source : Yann Faure pour Reporterre
  • Photo : conférence de presse de Peter Ben Embarek (3e à partir de la droite) et de Marion Koopmans (2e) marquant la fin de la visite de l’équipe internationale d’experts de l’OMS à Wuhan, le 9 février 2021. © Hector Retamal/AFP

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